Comme promis, je vous relate mon petit-déjeuner avec Patrice Bessac du PC.
Préparatifs
J'avais quand même pris soin de recueillir auparavant les commentaires de quelques "anciens" :
- Ex PC et ex LCR, Martine trouve inutile de multiplier les structures. Si l'on y retrouve les travers propres à toutes les organisations, le PC reste pour elle une référence, un lieu où l'on trouve des gens magnifiques dans tous les grands moments historiques. Pour elle l'idée communiste est toujours d'actualité, il faut y aller. Elle perçoit également la repolitisation des gens à l'occasion du référendum, à travers les collectifs locaux pour un NON de gauche.
- Ex PC (il y a 10 ans) et maintenant actif dans une association qui intervient au niveau européen, Bernard (merci Serge, il te salue) a milité pour le OUI. L'idée qu'il a conservée du PC est plutôt sombre : hors d'état, incapable de proposer, sait contre quoi mais pas pour quoi il est (ça ne vous dit rien ? cf. ma première note), n'a pas de réponse (nouvelle) à la question "si vous arrivez au pouvoir, vous faites quoi ?". Quand je lui explique que justement le PC semble relever aujourd'hui ces défis, il n'y croit pas, pour deux raisons essentielles : la sociologie du PC (c'est un parti de vieux qui ne se remettent plus en question) et ses élus (la volonté de les conserver fige le PC). En conclusion, il trouve que seul Sarkozy dit qu'il faut réformer la société française, et que c'est pour cette raison qu'il sera (hélas j'espère) président en 2007...
Préliminaires
Je suis en avance, il est à l'heure. Présentations d'usage et rappel du contexte. Effectivement membre du conseil national, Patrice me réexplique où en est le PC aujourd'hui, et quels sont ses trois enjeux :
- Passer d'une culture d'opposition à une culture de proposition et de reconstruction d'un projet politique alternatif.
- Contribuer au rassemblement des forces de transformation sociale.
- Permettre à beaucoup de gens de se saisir des grands débats politiques (comme pour le référendum).
Jusque là tout va bien, c'est cohérent avec toutes les communications et prises de positions récentes du PC.
C'est pour de vrai ?
Pour répondre aux objections de Bernard, il semble que depuis 10 ans toute une nouvelle génération de militants (dont Patrice) ait pris de plus en plus de place au PC. Deux conséquences :
- Une très large majorité (90%) du conseil national soutient cette orientation.
- La base électorale et militante du PC a toujours était plus progressiste que la direction, sur de nombreux sujets, et c'est encore plus vrai aujourd'hui.
Et le PC pense qu'avec ces nouvelles orientations, il risque surtout de gagner plus d'élus qu'il n'en perdra...
Toujours communiste ?
Apparemment, la question du changement de nom en a quand même effleuré quelques-uns, mais finalement les "mauvais côtés" s'estompent dans la mémoire des gens et l'idée communiste reste forte et revendiquée. Donc le PC reste le PC.
Et Alternative Citoyenne ?
Non, ce n'est pas un sous-marin du PC. D'ailleurs ce n'est pas un parti et, je cite Patrice : "le parti politique est une forme utile, merveilleuse et avancée de la démocratie". Mais il est vrai qu'Alternative Citoyenne draine des gens intéressants, et que le PC travaille avec eux dans différents cadres (groupes d'élus) et sur différents sujets. Ce qui est conforme à la volonté de rassemblement affirmée dans les enjeux (voir plus haut).
Sur Alternative Citoyenne, j'ai aussi du nouveau, mais ça fera l'objet d'une autre note... très bientôt !
Alors on y va ? On y va !
Bon. Tout ça m'a l'air fort intéressant. Après un petit tour de présentation des structures et du fonctionnement du PC, Patrice me propose de rejoindre comme invité la cellule "Blanqui" du 20ème, dont il fait partie avec quelques autres "fadas" (s'ils boivent autant de café que lui, les réunions de cellule doivent être hyper-speed : il a dû en boire au moins quatre pendant que moi je n'en buvais qu'un !), et d'adhérer par la suite si je veux continuer.
Invitation acceptée.
Voici les sujets qui m'intéressent et sur lesquels j'ai envie de travailler :
- Comprendre pourquoi tant de gens se sentent orphelins d'un vrai parti de gauche ("on sait pas pour qui voter"), et dans quelle mesure ils peuvent se retrouver dans ce "nouveau PC".
- Réexpliquer en quoi l'idée communiste est toujours d'actualité, ce qu'elle peut signifier aujourd'hui.
- Renouveler la pratique politique, en mettant en avant les idées plutôt que les gens (à mon sens l'une des explications et donc l'une des leçons du fort taux de participation au référendum).
La suite ici... bientôt !
