Réglons d'abord leur compte aux poncifes rabachés jusqu'à la nausée par les tenants de l'ordre établi : assimiler communisme et goulag, c'est aussi con et dangereux que d'assimiler la chrétienté et les croisades, l'inquisition et les guerres de religion du moyen-âge ; l'islam et Ben Laden ; ou encore le capitalisme et l'esclavagisme. Toute conception de l'homme et de la société, quelle qu'elle soit, peut être utilisée pour justifier le totalitarisme.
Des tragédies soviétiques du XXème siècle, les communistes ont tiré de nombreux enseignements. Le premier d'entre eux étant que si le pouvoir est centralisé et concentré dans peu de mains, qui plus est sans aucun contrôle citoyen, les conséquences sont le plus souvent tragiques. A ce titre, la vision du pouvoir qui anime l'un des principaux candidats à la présidentielle apparaît extrêmement inquiétante...
Cette conviction démocratique profonde irrigue toute notre activité politique, du fonctionnement rénové du PCF jusqu'aux propositions pour une 6ème république : pouvoir et contrôle citoyens, proportionnelle, démocratie jusque dans l'entreprise, non cumul des mandats et limitation de leur renouvellement, etc.
Mais le communisme, c'est aussi la conviction profonde que la question des rapports de production est au coeur de la pensée et de l'action politiques.
Alors qu'une part toujours croissante des richesses produites va aux actionnaires, il existe une aspiration populaire de plus en plus forte à ne plus se faire voler le fruit de son travail. Nicolas Sarkozy ne manque pas d'air lorsqu'il prétend vouloir réhabiliter le travail, lui qui défend un système économique qui ne cesse d'augmenter depuis des années la part de la valeur ajoutée produite volée aux travailleurs et offerte au capital.
De son côté, le PS n'envisage pas de changer fondamentalement les règles du jeu, loin s'en faut, et ça ne s'améliore pas...
Ce qui définit aussi le communisme aujourd'hui, c'est une aspiration à une société fondée sur la solidarité et la fraternité, en contradiction radicale avec le chacun pour soi, la précarité et la mise en concurrence exacerbée qui fondent le néolibéralisme, forme actuelle du capitalisme.
Cette aspiration constitue le fil rouge de toutes les luttes d'émancipation dans lesquelles s'investissent aujourd'hui les communistes : féminisme, droit au logement, défense des sans-papiers, services publics, droits sociaux, etc.
Si la socialisation des moyens de production demeure une perspective, elle ne s'inscrit pas dans l'attente d'un grand soir hypothétique, mais bien dans un processus progressif et démocratique de transformation en profondeur des rapports de production, pour orienter l'activité économique vers la satisfaction des besoins de chaque individu au sein d'une société solidaire.
C'est dans cette perspective que s'inscrit le programme de la gauche populaire et antilibérale défendu par Marie-George Buffet, qui constitue une alternative solide et crédible pour la France et l'Europe du XXIème siècle.