Le programme de la gauche antilibérale n'est pas "communiste" !
Pas d'abolition de la propriété privée des moyens de production, encore moins de dictature du prolétariat ! Les communistes ne sont décidément plus ce que certains croient qu'ils furent... Alors y a-t-il vraiment une différence entre les programmes de Ségolène Royal et Marie-George Buffet ?
Les deux proposent la même redistribution des richesses, Buffet un peu plus fort...
Logements sociaux : 600 000 chacune. SMIC : 1500 € chacune (brut ou net, plus ou moins vite). Plafonnement des loyers : 25% des revenus du ménage pour Royal, 20% pour Buffet. Pour la sécu par contre, Buffet va nettement plus loin et propose d'aller vers une sécu à 100% pour tous. Alors en gros, Buffet et Royal, c'est pareil ?
Les moyens : là c'est plus tout à fait pareil !
Pour avoir des richesses à redistribuer, il faut bien commencer par les collecter. C'est l'impôt et les cotisations sociales. Si les deux candidates proposent une modulation de l'impôt sur les sociétés selon que le bénéficie est utilisé pour l'emploi et l'investissement ou pour rémunérer les actionnaires, Buffet va bien plus loin en préconisant une grande réforme fiscale orientée vers plus de justice et d'efficacité, ainsi qu'une redéfinition des cotisations sociales des entreprises.
C'est la clé n°1 pour réussir à gauche : une fiscalité intelligente et efficace.
Les privatisations : une vraie divergence !
Autoroutes, télécoms, transports, énergie, poste… des pans entiers de nos services publics ont été offerts au secteur privé pour des raisons purement idéologiques. Marie-George Buffet s'engage clairement à reprendre ce qui nous a été volé, pour préserver ces activités des logiques marchandes et assurer notre indépendance, notre sécurité et notre avenir dans chacun de ces domaines stratégiques pour notre pays. Elle va même plus loin en proposant la création d'un grand service public de l'eau.
Côté Royal, rien de tout ça. D'ailleurs, Jospin a été l'un des plus grands privatiseurs de ces 20 dernières années !
Ces activités rapportent beaucoup d'argent. En les rendant au peuple français, l'Etat se redonne aussi les moyens de financer sa politique.
C'est la clé n°2 pour réussir à gauche : un secteur public fort, rénové et démocratisé.
C'est bien joli tout ça, mais si on embête les entreprises elles ne seront plus compétitives et devront délocaliser.
Parfaitement ! Si elle est élue, c'est ce principe de réalité que nous rappellera Royal dans quelques mois pour nous expliquer pourquoi elle n'aura pas appliqué le dixième de son programme.
Un programme soi-disant de gauche qui n'apporte pas une réponse claire à cette objection, c'est une arnaque !
La réponse de Marie-George Buffet, c'est un projet de loi déposé à l'Assemblée Nationale en janvier 2007, que les députés n'ont même pas voulu discuter, et qui propose un dispositif audacieux et innovant pour protéger notre économie du fléau des délocalisations. Ce nouveau protectionnisme moderne est à la fois offensif et défensif :
- Défensif : en instaurant une taxe sur les importations calculée en fonction des différences de salaire et de protection sociale entre les pays, il annule l'intérêt du dumping social et des délocalisations. Et les moyens ainsi dégagés financeront la protection sociale.
- Offensif : ces moyens seront aussi utilisés pour l'aide au développement des pays les plus pauvres. Et la France interviendra auprès des autres pays européens et des organismes internationaux pour généraliser l'adoption de ce dispositif.
C'est la clé n°3 pour réussir à gauche : une vraie réponse au défi des délocalisations.
En conclusion, la principale différence entre les programmes de Royal et de Buffet ? Celui de Buffet est applicable, pas celui de Royal !
Fiscalité, secteur public et délocalisations : seul le programme de la gauche populaire et antilibérale a les trois clés pour réussir à gauche, réhabiliter la politique et mettre l'économie au service de notre vie à tous.
Ségolène Royal essaye de nous faire croire que tout peut aller mieux sans rien vraiment changer. Après l'ivresse des promesses électorales utopiques, ce sera la gueule de bois de la realpolitik. Les français seront écoeurés de la gauche, et pour longtemps.
Mais avec Marie-George Buffet, nous avons enfin une gauche courageuse, réaliste et réalisable.
Le 22 avril, voter à gauche c'est voter Buffet !

Argumentaire implacable !
Bises.
Rédigé par: Manji Yassukoa | 25 mars 2007 à 18:50
Je dirais que le communisme n'est pas l'abolition de la propriété privée en général (y compris les femmes comme hurlaient horrifiés les bourgeois du XIX, relation au mariage et à l'héritage). Il s'agit plutôt (de mémoire) "ce n'est pas une idée sur laquelle la réalité devrait se régler, ni un état; c'est le mouvement réel qui abolit l'état actuel"," pour reprendre la phrase égnimatique de Marx dans l'idéologie allemande trop longtemps oubliée par le PCF lui-même dans l'ensemble. J'en dis pas plus pour que les fouineurs, les ruminants de vieux grimoires y aillent de leurs recherches.
Lire les morts correctement pourrait faire progresser les vivants plus qu'on ne le croit, surtout quand ils ont été lus de travers comme Marx.
La 6e république dans le programme de Marie-george Buffet implique, entre autres, un champ de la citoyenneté élargi à l'entreprise ce qui nous renvoie au début. C'est la visée communiste d'émancipation: "libre développement des individus comme but et moyen d'une appropriation sociale raisonnée de tout ce qui fait la vie en société".
Rédigé par: km1883 | 25 mars 2007 à 21:54
Il y a plusieurs acceptions du communisme ; dans la théorie économique marxiste, la disparition de la propriété privée est absolument centrale de même que celle, à terme, du salariat (expression de l'exploitation capitaliste). Le point nodal étant l'avènement d'une société sans classes, expression du communisme.
Maintenant pour ce qui est de la « visée communiste », je suis très circonspect pour ne pas dire plus...
Fruit d'une réflexion soi-disante « marxiste » (et qui est de mon point de vue clairement antimarxiste), menée par certains intellectuels du PC « réformateurs » (Lucien Sève, Roger Martelli etc.), s'appuyant sur une application éminemment douteuse de certains principes du matérialisme dialectique, notamment la loi de Hegel (passage de la quantité à la qualité et inversement), il n'est pas étonnant de voir que ces mêmes promoteurs envisagent le « coeur léger » la disparition du PCF (comme Sève dans un article du Monde), n'ont pas soutenu la candidature de MGB et ont rejoint le camp des « unitaires » (plus prosaïquement des « liquidateurs » devrait-on dire) autour de Bové.
La lutte idéologique, elle est aussi au sein même du PC et c'est un combat de la plus haute importance... que nous gagnerons.
Ghibli (PCF)
Rédigé par: Ghibli | 07 avril 2007 à 01:18