Alors ça y est, le grand débat sur l'avenir du PCF et la recomposition de la gauche a commencé. Les "amis de Robert Hue" (alias "Communisme 21") viennent de verser leur contribution à ce débat. En voici une lecture critique, totalement personnelle et "brut de décoffrage"...
1. Sur l'analyse de "l'échec électoral" de MG Buffet
Je passe sur la (longue) analyse initiale de la situation politique nationale actuelle. Rien de bien nouveau de ce côté-là.
Par contre, je ne partage pas du tout l'analyse proposée de l'échec de MG Buffet (au-delà de l'incidence du vote utile) : en dépit de l'intérêt suscité par les propositions déclinées pendant la campagne, l'échec de la candidature s'expliquerait par la non adhésion de l'électorat à la stratégie politique choisie : "que la 'vraie gauche' l'emporte d'abord sur les autres, puis qu'elle les rassemble pour pouvoir enfin gagner et mettre en œuvre sa politique"... Le PCF aurait échoué parce qu'il n'aurait pas réussi à "imposer dans la campagne présidentielle l'enjeu d'un changement de la donne à gauche".
Vous croyez vraiment que la ménagère de moins de 50 ans en a quelque-chose à faire de ces questions ?
Mon analyse est totalement différente : comme je l'ai suggéré à l'époque, je suis convaincu que la campagne a patiné parce que les propositions avancées étaient des mesures d'accompagnement et de protection des gens, pas des propositions de changement radical des règles du jeu. Et donc qu'elles n'étaient tout simplement pas crédibles. Les gens se disaient : "c'est bien joli tout ça, mais c'est la mondialisation, alors...". La campagne de MG Buffet n'était pas communiste : Mélenchon aurait pu faire la même !
Le document de "Communisme 21" ressasse ad nauseam les problèmes de processus politiques, et passe complètement sous silence les enjeux de contenus. Le problème n'est pas de savoir quelle est la bonne stratégie d'alliance ou de recomposition. Il est avant tout de savoir si nous avons une alternative à proposer au capitalisme, et si oui de le faire savoir très clairement !
2. Sur la fin du PCF... et la fin du communisme !
D'accord pour renouveler et réactualiser la pensée et le projet communistes, ainsi que nos modes de fonctionnement. Marx n'est pas coulé dans le bronze... Mais en quoi cela nécessiterait la mort du PCF ? Le document postule carrément que PCF = marxisme sclérosé = parti stalinien = bon à jeter !
Mais surtout, il évoque à plusieurs reprises l'échec du communisme... alors nous y voilà. Pour les auteurs, le "communisme" c'est fini, c'est de l'histoire. Le terme pourrait encore être utilisé comme référence culturelle, définie en négatif comme étant de l'anticapitalisme, et en positif comme une vague aspiration à un monde meilleur, aspiration que l'on partage avec "le mouvement"...
Ca m'intéresserait de savoir ce que les signataires de ce texte pensent de l'appropriation sociale des moyens de production ! Plutôt que de consacrer des pages entières à la "recomposition" ou à nos relations avec "le mouvement"...
3. Sur les propositions pour un autre parti
Assez de propositions de recomposition ou d'organisations ou de processus. Tout ça c'est de la foutaise, bonne pour ceux qui ne savent pas qui ils sont ni où ils vont, et ne veulent surtout pas se poser la question ! (bon là je m'emporte, c'est pas bien)
Il ne faudrait surtout pas que le PCF se transforme en un vague machin utilitaire balloté dans le mouvement, sans savoir ce qu'il propose tout en participant à de multiples forums...
Un forum, ça réunit ceux qui sont contre la même chose (le capitalisme).
Un parti, ça réunit ceux qui sont pour la même chose (le communisme en l'occurrence).
Les partis (et leurs militants) peuvent participer à des forums, pour y apporter leur contribution mais aussi, bien sûr, pour nourrir leurs réflexions et mettre en débat leurs propositions.
Le nouveau parti que nous propose "Communisme 21", il est pour quoi ? On ne sait pas... ça commence bien ! Dialoguer avec le mouvement c'est bien, mais pour dialoguer il faut avoir une parole à proposer...
L'urgence est aujourd'hui de développer nos propositions politiques, avec un grand P cette fois. C'est ça le gros travail que nous avons à faire. Alors le mot "communisme" commencera à prendre un nouveau sens, d'une actualité brûlante pour la ménagère de moins de 50 ans.
Six axes me paraissent essentiels pour articuler notre vision du communisme :
- Appropriation sociale des moyens de production, dé-financiarisation de l'économie, encadrement de l'économie de marché.
- Elargissement, rénovation et renationalisation des services publics.
- Education à l'esprit critique, à la non-violence et à la fraternité.
- Politique internationale, rapprochement avec nos camarades d'Amérique du Sud.
- Nouvelle mondialisation économique et lutte contre les délocalisations.
- Développement durable tant économique que humain (et donc environnement, énergie, alimentation et santé publique).
Après, les questions des formes et des moyens d'action ainsi que des alliances politiques devront être aussi abordées, mais ce sera déjà plus facile quand nous aurons redonné un contenu palpable et porteur d'espoir au mot "communisme"...

Je suis toujours frapé dans la plupart des analyses
de ne voir qu'un aspect ou une partie seulement des évènements.
S'adresser à la ménagère de moins de 50 ans, pour lui proposer "six axes essentiels de la vision communiste" comme si cela constituait une découverte reviendrait à nier la diversité des citoyennes et citoyens et l'activité de celles et ceux qui sont les mandataires du Parti.
La signification est lourde de conséquence.
d'une part,
le Parti arrive sur une terre nouvelle, vers des gens que nous découvrons.
la défaite des élections 2007 est imputable à ces habitants, leurs familles, etc.
les débats menés, les contacts, meetings, assemblées, les précédentes explications sont ignorés, voir inexistants.
d'autre part,
ce serait le même discours que les autres,
(à l'échec du référendum en 2005, défauts d'explications.
Royal la semaine dernière : les mesures sociales inaplicables).
En résumé, c'est votre faute, vous ne comprenez rien.
Ce que nous avons dit pendant la campagne, ce n'est rien. Vous allez voir - maintenant - c'est la vérité.
Seule compte la "VISION" !
Comment nous mangeons, ou nous dormons, c'est Adam & Eve dans une ancienne friche industielle transformée en avre de paix, sans capitaliste, dirigés par des responsables à l'intégrité unanimement reconnue, assexsués, rationnels, . . .
Je maintiens que le déficit (depuis des années, pas 2007) ce n'est pas l'identification du message, c'est le message lui-même.
Le nouveau sens du mot communisme censé représenté par les propositions Politiques avec un grand P, elles vont être adoptées par qui ?
Nous faisons un Xème programme, avec Y - Z ?
Je pense que nous oublions que nous venons de perdre les élections, que nous sommes avec des personnes dont aucune n'est infaillible.
Que ce n'est pas tant la vision qui est contestée mais les moyens de l'atteindre.
Comment ce que nous n'avons pu faire avec des forces plus importantes pourrions-nous l'accomplir
dans un moment de désarroi ?
Il nous faut se ressaisir, vraiment - mais pas en
oubliant que l'échec est notre responsabilité collective et que la démocratie ne peut s'inscrire
hors de la mémoire.
Fraternellement
signé : Raleur
Rédigé par: Michel ALLIAUME | 23 juin 2007 à 17:28