N'acceptant pas de me résigner face aux ravages du capitalisme, j'ai adhéré au PCF il y a environ deux ans, pour rejoindre ceux qui luttent contre ce système, ceux qui n'acceptent pas la fin de l'Histoire et proposent une alternative.
Aujourd'hui je m'interroge : le PCF est-il la bonne organisation pour lutter contre le capitalisme ? Que lui manque-t-il ? Que faudrait-il faire ?
Les paragraphes qui suivent proposent quelques réponses à ces questions, avec l'espoir de susciter un dialogue et des réactions pour élaborer les projets dans lesquels des militants comme moi auront envie d'investir leur temps et leur énergie.
Le PCF est-il encore révolutionnaire ?
Au-delà des références théoriques, l'organisation PCF n'a aujourd'hui plus aucune stratégie révolutionnaire, à savoir une idée concrète des actions à mener pour réellement bouleverser la société et ébranler le capitalisme. Même si sa base militante est d'une richesse politique extraordinaire, son encadrement et sa direction nationale ne proposent aujourd'hui comme seul horizon que "la riposte". Cette stratégie est une impasse. Elle est totalement passive. On subit le rythme des coups de l'adversaire, on le laisse choisir son terrain (qui change tous les 10 jours), on épuise petit à petit toute crédibilité politique et surtout on ne construit rien. Le tout en implorant le PS de nous aider à conserver quelques élus. Pitoyable.
Pendant que les professionnels de la politique font mine de chercher notre projet et les formes politiques qu'il conviendrait d'adopter (surtout pour leur assurer un avenir personnel), les militants ne se posent pas ce genre de questions (les réponses sont connues), mais se demandent plutôt que faire concrètement aujourd'hui.
L'urgence et la possibilité d'une stratégie révolutionnaire !
Prenons du recul. Choisissons notre combat. Contre-attaquons. Avec trois impératifs :
- Choisissons notre rythme et notre terrain, prenons l'initiative.
- Inscrivons-nous dans la durée, indépendamment du calendrier électoral.
- Gardons toujours une perspective réellement révolutionnaire : notre objectif est de bouleverser en profondeur la société, pas de jouer les dames patronnesses.
L'une des clés absolument essentielles est de combattre concrètement, par la preuve, l'idée qu'il n'y aurait plus d'alternative : nous devons faire du communisme maintenant. Pour y parvenir, il faut attaquer le capitalisme au cœur, en déstabilisant les piliers sur lesquels il s'appuie. Cette stratégie pourrait s'articuler autour de trois axes :
- La révolution dans les têtes : la fraternité contre la peur.
- La révolution dans les villes : les coopératives contre la plus-value capitaliste.
- La révolution dans les campagnes : l'agriculture naturelle contre la malbouffe.
Même si le pouvoir institutionnel reste un objectif car lui seul permet de modifier en profondeur certaines règles, nous allons voir qu'il est possible d'agir tout de suite et très concrètement dans ces trois axes, pour créer une dynamique autrement plus efficace que l'impasse mortifère que représente la stratégie avant tout électoraliste dans laquelle s'est enfermé le PCF depuis 20 ans.
La révolution dans les têtes : la fraternité contre la peur
La peur du chômage. La peur de la rue. La peur des jeunes. La peur de tomber malade. La peur des banlieues. La peur des étrangers. La peur de la Chine. La peur des autres.
Cultivée par les médias (comme l'a brillamment montré Michael Moore), la peur est le terreau dans lequel prospère le "libéralisme" : elle favorise le repli sur soi, sur l'individu.
Combattre la peur, c'est assécher le terreau idéologique du capitalisme. Et on peut la combattre :
- D'abord en la nommant, en la montrant du doigt. Ce qui suppose des campagnes de communication frappantes, imaginatives et décalées. Ca ne coûte pas cher mais ça suppose d'accepter de prendre des risques.
- Ensuite en affirmant que la peur n'est pas une fatalité, car les solutions existent. Ainsi, c'est pour ne plus avoir peur des conséquences sociales de la maladie que les travailleurs se sont dotés de la sécurité sociale à la Libération. Et si le patronat s'est appliqué depuis à la démolir petit à petit, en espérant en venir à bout définitivement ("refermer la parenthèse du Conseil National de la Résistance"), c'est bien sûr pour reprendre en main ce secteur économique, mais c'est aussi pour raviver cette peur et casser cette solidarité.
- Enfin, en mettant en place très concrètement des actions de rencontre et de solidarité, pas pour "faire du social" mais pour apprendre à se connaître et restaurer le sentiment de fraternité entre les travailleurs, le meilleur antidote de la peur. Quelques exemples : la marche pour l'emploi organisée par les communistes du Nord – Pas-de-Calais, l'Appel aux Sans Voix (http://www.appelauxsansvoix.org), des permanences d'écrivain public, etc. A l'opposé du caritatif, c'est la dignité de lutter ensemble qu'il faut restaurer.
Dans un deuxième temps, quand nous aurons (re)trouvé une audience importante, on peut imaginer de constituer des services publics alternatifs pour reconstruire les mécanismes populaires de solidarité que le capitalisme débridé aura démolis.
La révolution dans les villes : les coopératives contre la plus-value capitaliste
A la base du capitalisme, de l'accumulation du capital financier, il y a l'extraction de la plus-value sur le travail salarié. C'est le moteur du système. On peut s'y attaquer dès aujourd'hui, en favorisant le développement des coopératives, les SCOP (Sociétés Coopératives Ouvrières de Production).
Les SCOP, c'est autant de salariés dont le travail ne vient pas grossir le capital. C'est une partie de la production qui échappe aux logiques purement financières. C'est une preuve concrète que l'on peut produire autrement, que la démocratie sur le lieu de travail n'est pas contradictoire avec l'efficacité économique. C'est la subversion au cœur du système.
On peut agir concrètement :
- Créer un site Web de promotion des SCOP, avec une notation et un label décerné aux plus "révolutionnaires", une rubrique emploi, une bourse aux projets, des témoignages, le calendrier des fêtes (voir ci-dessous), etc.
- Constituer un réseau de soutien juridique et de formation : aide à la reprise d'une entreprise par les salariés, aide à la création.
- Organiser des fêtes ! Chaque salarié qui abandonne le secteur capitaliste pour rejoindre le secteur coopératif est une victoire : cette victoire doit être fêtée. On peut même imaginer une cérémonie à la manière des baptêmes républicains, pour souligner la portée subversive et révolutionnaire de chacun de ces petits événements. Ces fêtes seraient une réponse (parmi d'autres) à la perte du lien social et aux ravages qu'engendre l'absence de rites de passage dans notre société (mais ça c'est un autre débat !).
Aujourd'hui, en France, il n'y a que... 36 000 salariés travaillant dans des SCOP ! Faisons tout pour que ce chiffre soit multiplié par 10, par 100, et ceux d'en face commenceront alors à vraiment s'inquiéter ! Quand ils tenteront de réagir, par exemple en légiférant contre les SCOP, nous aurons gagné : la mobilisation sera immédiate et... ils seront venus sur le terrain que nous aurons choisi.
La révolution dans les campagnes : l'agriculture naturelle contre la malbouffe
L'agriculture industrielle constitue un axe essentiel du développement du capitalisme. Elle est aliénante tant dans ses modes de production (nouveau prolétariat agricole) que dans ses conséquences (destruction de l'agriculture vivrière et de la paysannerie) et même dans ses produits : la malbouffe est en elle-même une forme d'aliénation qui touche les plus pauvres et anéantit leur santé.
Même si la finitude et la fragilité de notre environnement n'étaient pas aussi palpables à son époque, Marx lui-même l'avait déjà affirmé : le capitalisme c'est aussi la surexploitation des ressources naturelles.
Promouvoir le développement d'une autre agriculture dans nos campagnes, c'est aussi semer les graines de la révolution ! Et les solutions existent. Je pense en particulier à l'agriculture naturelle, mise au point par le Japonais Masanobu Fukuoka. Cet ancien microbiologiste a consacré toute sa vie à mettre au point une méthode d'agriculture obtenant des rendements comparables à ceux de l'agriculture dite "moderne", mais sans mécanisation, sans chimie, sans surexploitation des ressources... ni du travail humain ! Et il ne s'agit pas de théorie, mais d'expérimentation pratique menée dans sa ferme pendant des dizaines d'années. Simple paysan, Fukuoka a d'ailleurs eu le tort d'écrire des livres et de donner des conférences pour faire connaître sa méthode. Ceux d'en face ne s'y sont pas trompés : l'armée japonaise (carrément !) a détruit ses cultures et saisi ses semences.
On pourrait ainsi :
- D'un côté, mener des campagnes pour dénoncer les méfaits de l'agriculture industrielle, mais en mettant en évidence leur dimension politique et leurs conséquences sur la société.
- De l'autre, promouvoir des démarches comme celles de Fukuoka, susciter ou appuyer des expérimentations, pour montrer là aussi qu'une alternative est possible.
Le rôle déterminant des élus
Avoir des élus peut parfaitement s'inscrire dans le cadre d'une telle stratégie, mais il s'agit alors d'un moyen (parmi d'autres) de démultiplier et d'accélérer les actions menées. Toutefois, ce moyen n'est en aucun cas central, et ne saurait prendre une importance démesurée au point de devenir... une fin en soi.
La dimension internationale
Dans toutes ces actions, la dimension internationale doit systématiquement être développée.
Des coopératives se sont développées dans d'autres pays, en Amérique du Sud mais aussi en Europe même. Tisser des liens privilégiés avec elles est essentiel, pour partager des expériences mais aussi pour mettre en place des coopérations industrielles et commerciales, ou encore travailler ensemble la question du protectionnisme et de la mondialisation.
De même, des projets d'agriculture naturelle voient le jour aux Etats-Unis ou en Australie, ils constituent de précieuses références et des appuis indispensables pour développer cette alternative en France.
Bon alors, faut-il rendre sa carte ?
Ce ne sont là que quelques pistes et suggestions d'actions concrètes que l'on peut mener dès aujourd'hui. A partir de là, plusieurs hypothèses se présentent pour lancer ces initiatives :
- Doit-on ou peut-on les lancer dans le cadre du PCF ?
- Faut-il créer une autre organisation pour mettre en œuvre cette stratégie ?
- Ou plutôt constituer un réseau ouvert, axé sur chaque action, en invitant les militants du PCF (et d'ailleurs) à s'investir dans les actions opérationnelles qui seront imaginées ensemble ?
Qu'en pensez-vous ?

Je suis adhérent du Pc depuis plus de trente ans , avec une interruption , lorsque la « gauche plurielle gouvernait » j’étais en désaccord sur la politique appliquée , qui était souvent loin d une politique de gauche ,a mon point de vue.
Je suis également adhérent à la cgt depuis plus de trente ans ET EN DESACCORD SUR LES SIMULACRES DE NEGOCIATION .il y a urgence a mobiliser ,
Je te joins mon dernier billet
Bon courage
MM
RELEVONS LA TÊTE.....!!!!
La politique antisociale mise en place depuis mai 07, par le Président , est très grave," et ce n'est pas fini, le pire reste a venir" que l on en soit écoeuré, c'est pour le moins, moi j'en suis révolté..!!
Mais surtout révolté par les simulacres de négociations, CE N'EST PAS DANS LES SALONS QUE L'ON VA DEFENDRE LA JUSTICE SOCIALE..!!
Nos responsables syndicaux doivent arrêter de nous faire croire qu ils négocient...!
Nous devons relever la tête, nous mobiliser, convaincre "y compris ceux qui se sont fait rouler dans la farine et ont participé à la mise en place de ce Président ( VRP de la haute finance, avec avion de fonction ??)
Nous sommes capables, TOUS ENSEMBLES d'imposer une politique de PROGRES SOCIAL, les jeunes et les moins jeunes en ont fait la preuve lors de la magnifique "bagarre" contre la CPE.
UNIS NOUS SOMMES FORTS.
COURAGE NOUS VAINCRONS....
Michel M
Rédigé par: Michel Montel | 29 décembre 2007 à 08:06
Bonjour,
Je trouve tes propositions très intéressantes et capables de fournir matière à penser à nos dirigeants du parti !
Je suis tout à fait d'accord avec toi à propos de la direction qui s'est complètement éloignée du principe révolutionnaire du communisme, se contente de riposter (encore en ce moment c'est plutôt relaxe, on ne fait pas grand chose )et qui à mon avis n'est préoccupée que par une chose: réformer la parti à la manière du die linke.( ou pire à la façon italienne !!)
Je suis comme toi, jeune adhérente au parti ( cela fait 2 ans également) et nous avons justement gardé notre esprit critique , ce qui nous permet de juger encore du mode de fonctionnement. Je dois dire que je m'interroge également sur la suite car si le parti est réformé et devient une espèce de gauche anti-libérale, je n'y resterais pas. Je suis déçue également par les dirigeants qui ont réussi à semer la zizanie dans les sections et je ne sais pas chez toi, mais dans ma section, c'est une cata!! Les camarades ne sont occupés qu'à se tirer dans les pattes au sujet des municipales. Comme dans d'autres sections, 2 tendances s'affrontent et ceux qui souhaitent voir réformer le parti essaient de pousser dehors les autres qui tiennent encore bon avec leurs idéaux communistes.
J'espère que tu vas envoyer tes propositions en haut lieu, s'ils n'ont pas pensé à ce que tu proposes, au moins cela leur fera de la lecture !!
Est-ce que tu es élu ?
Ce serait bien des élus avec de telles idées ! Normalement , je dois entrer au conseil municipal de ma ville mais dans une liste d'union. Je souhaite à l'occasion, mettre à profit mes idées communistes, le problème est que les copains cocos qui m'accompagnent sont presque plus socialistes que communistes...alors imagine ce que je vais arriver à faire seule. Cela ne fait rien, je ferais tout mon possible pour porter nos couleurs et faire du Communisme.
Si tu as envie de me faire part de tes idées ou si tu souhaites que l'on impulse un mouvement, chacuns à notre niveau, n'hésites pas à me contacter. Je suis certaine que toutes les bonnes volontés seront payantes à la fin.
Je peux mettre ton article sur mon blog si tu le souhaites, celui-ci est nouveau et le référencement est difficile mais je ne désespère pas d'y arriver.
Bonne année 2008.
Caro
Rédigé par: caroleone | 29 décembre 2007 à 08:46
J'échafaude des plans d'actions et des théories qui restent dans ma tête aussi je trouve que Philippe a le mérite de se lancer dans un questionnement doté de quelques pistes de réponses que je qualifie de plutôt constructives.
Sur les grandes lignes je ne peux qu'être d'accord car tout va dans le bon sens : faire bouger les camarades et bien au delà du PCF en refusant de rester seulement dans la fameuse "riposte" qui demeure bien en deçà de toute action réellement révolutionnaire et même de toute lutte réellement anti capitaliste car panser les plaies évite de "penser" tout court donc de théoriser et d'agir en conséquence.
Notre parti est dans une période de questionnement quasi métaphysique qui n'aide guère à avancer lorsqu’il y a urgence à agir, mais il a au moins la qualité de son défaut : il permet de dépasser les tabous d'une organisation qui, il n'y a pas encore si longtemps, ne devait surtout pas (se) poser de questions. En tout cas la base n'y était pas invitée. Aujourd'hui c'est même le contraire, la base est très sollicitée à se poser "sans tabou" toutes les questions, en tout cas une Kyrielle de questions quelque peu soufflées par son « sommet » mais qu'importe la pensée reste libre après tout et surtout elle a les moyens de débusquer le vrai du faux si la volonté de construire une autre société résolument différente en est l'enjeu. Maintenant il faut s'accorder sur ce que serait cette société. Dans notre parti il semble que tout les militant-e-s n'aient pas tout à fait les mêmes objectifs. Et surtout les mêmes stratégies. C’est là que le bât blesse, c’est là que se creuse le lit de la source de tous nos maux.
Philippe questionne : « le PCF est-il la bonne organisation pour lutter contre le capitalisme ? Que lui manque-t-il ? Que faudrait-il faire ? »
1- Je pense que le PCF est un parti incontournable ne serait-ce par son histoire, son expérience autant dans ce qu’elle a de négatif que de positif, l’énergie de ses militant-e-s même s’ils sont de moins en moins nombreux.
2- Pour lutter contre le capitalisme il faut un parti qui soit communiste. Car le communisme est l’antidote du capitalisme.
3- Pourquoi le PCF et pas la LCR par exemple ? La LCR est un parti qui n’a pas la même expérience que ce soit de gouvernance ou de révolution. La LCR à ce jour est plutôt un parti de théoriciens intellectuels avec à sa tête un représentant dont la seule expérience (en plus d’être postier) est d’être passé très souvent à la télévision et d’avoir acquis une certaine aisance devant les médias et d’avoir un discours très bien huilé pour toucher particulièrement une génération de jeunes militant-e-s.
4- Que manque-t-il au PCF pour être une bonne organisation ? Sans hésitation je répondrai : - changer ses pratiques que ce soit internes qu’externes. Je m’explique :
Changer l’état d’esprit dans les rouages internes de l’organisation
- Eviter de garder ses élu-e-s et ses permanents au-delà de dix ans sinon ils deviennent des professionnels, des carriéristes et ne savent plus rien faire d’autres.
- Eviter de choisir ses permanents (pas toujours des plus compétent-e-s) parce que l’on ne veut pas en mettre d’autres qui ne seraient pas aussi malléables.
- Eviter de mettre en avant des camarades par la flatterie et éviter de les encourager à devenir de petits chefs voire des « chefs d’entreprise ».
- Arrêter de consacrer par le sommet des camarades futu-re-s élu-e-s ou permanent-e-s en verrouillant à d’autres tout autant respectables, compétents, militants, les possibilités d’accéder à ces mêmes postes parce que des dirigeants ne souhaitent pas avoir dans leur réseau des camarades réellement responsables et qu’ils préfèrent manipuler des camarades souvent plus fragiles, plus en demande de reconnaissance.
Et être un parti véritablement communiste
- Former ses militant-e-s sur des bases marxistes et historiques du communisme à l’échelle internationale
- Informer les militant-e-s des rencontres de nos responsables avec d’autres partis communistes à l’étranger
- Rencontrer tous les communistes des autres pays quels qu’ils soient ne serait-ce pour comprendre ce que l’on ne veut pas « expérimenter » puisqu’il apparait que nous sommes dans une phase d’expérimentation (sic ANE)
- Ne pas jouer les girouettes tantôt on se colle au PS tantôt on se colle à l’extrême gauche et on ne parvient pas à être cohérents et donc crédibles
- Eviter les discours démagogiques où « tout le monde il est beau sauf Sarko et tout le monde il est gentil sauf Sarko »
- S’adresser à nos électeurs et non pas à ceux d’un PS vendu au libéralisme
- Se donner les moyens de reconquérir un électorat populaire, inter générationnel, pluriculturel, féministe : salariés des catégories les plus exploitées : ouvriers, employés, techniciens, intermittents du spectacle, artisans, étudiants …sans oublier les chômeurs.
- Parler simple et vrai et proposer des actions concrètes mais aussi se projeter dans un futur où la société sera communiste.
- Expliquer ce que l’on entend par une société communiste et donner à rêver, convaincre que c’est possible.
- Redonner une image positive du communisme en replaçant le communisme au cœur des luttes concrètes et contre l’idéologie dominante capitaliste à l’échelle de la mondialisation.
- Prouvons que les communistes ont des idées révolutionnaires pour changer la société et que révolution est un mot toujours neuf lorsqu’il rend à l’humain sa dignité.
Utiliser toutes les ressources du parti (pas seulement pour coller et differ)
- Encourager toutes les ressources des camarades. Ne pas se satisfaire qu’ils aient rempli des petites fiches sur lesquelles ils auront exprimés leurs vœux et leurs compétences qui resteront au fond d’un tiroir ou sur un logiciel à cet effet dans un bel ordinateur d’un gentil permanent camarade responsable de la vie du parti (par exemple)
- Eviter les services de boites extérieures alors que des camarades compétents peuvent rendre les mêmes services le plus souvent bénévolement et de façon militante (ce que n’est pas forcément la boite en question grassement payée et qui n’a rien de communiste)
Pour faire court éviter le copinage et préférer le réseau militant.
- Donner plus d’initiatives à « la base » qu’au sommet notamment lorsque le sommet est une hydre à 5 têtes qui ne peut suivre aucune ligne claire puisqu’elle veut suivre en même temps plusieurs chemins ou stratégies. Du coup elle fait du sur place.
Avoir une direction responsable (qui rende des comptes aux camarades et non l’inverse)
- Rendre des comptes à la base. Faire des bilans surtout après de très mauvais scores électoraux
Pourquoi chercher à créer une autre organisation, au lieu de s’appuyer sur nos acquis, sur notre expérience bonne et moins bonne mais au moins qui a le mérite d’exister, pourquoi vouloir répéter les mêmes erreurs ? Le PCF appartient à ses militant-e-s et c’est à nous de faire vivre le communisme en son sein.
Pasquale Noizet
Rédigé par: Pasquale Noizet | 31 décembre 2007 à 01:16
Félicitations pour votre blog désormais en lien sur le mien
Salut et fraternité
Meilleurs voeux
EL DIABLO
Rédigé par: el diablo | 01 janvier 2008 à 12:37
La permaculture (Fukuoka), je commence à bien connaître pour la pratiquer depuis quelques années déjà. Dissipons tout malentendu sur cette technique qui apparaît parfois comme miraculeuse :
- Certains fantasment sur la "faible" quantité de travail à fournir pour les cultures. C'est très relatif. Il faut bien voir que la permaculture n'est quasiment pas mécanisable (ce qui est très bien je pense). Ce qui veut dire que l'on compare la permaculture avec d'autres techniques de culture non-mécanisées. Là où un paysan pouvait nourrir 100 voire 1000 personnes en agriculture mécano-chimique, le permaculteur n'en nourrira que quelques unes.
- Ceci induit que s'il y a une volonté de généralisation de cette pratique, les populations doivent d'une part renverser la tendance de l'exode rural pour repeupler en masse les campagnes, et d'autre part se préparer passer une partie importante de leur temps à l'agriculture, rompant avec la mode de l'hyperspécialisation des métiers. Je ne suis pas sûr qu'un tel changement soit dans l'air du temps et puisse se décréter aussi facilement.
- Partant à partir de rien (c'est le cas aujourd'hui), il faut bien une vingtaine d'année pour achever la construction un écosystème en permaculture et obtenir son rendement "de croisière". En effet, la permaculture fait la belle part aux plantes vivaces, en particulier les plus vivaces d'entre elles, les arbres. Ceci implique naturellement un changement de régime alimentaire, les proportions des cultures possibles en permacultures étant radicalement différentes de ce qu'elle sont actuellement. Là aussi, ce n'est pas sûr que le remplacement des laitages par les fruits secs soit très populaire.
Je ne voudrais pas que mes modestes remarques soient prises comme un assassinat en règle de la permaculture bien au contraire. Je suis un ardent défenseur de ces pratiques et de la philosophie qui la sous-tend. Toutefois il faut bien voir de quoi il s'agit vraiment. On ne peut pas adopter la permaculture "toutes choses égales par ailleurs". C'est à mon sens une pratique révolutionnaire.
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Sinon je ne suis pas sûr que les SCOP soit une solution aux problèmes que nous rencontrons (appelons-les capitalisme, bureaucratie, misère, précarité, etc., comme vous voulez). Disons que ça ne peut pas être suffisant. Dans le domaine du travail, la promotion des SCOP sans critique radicale du travail ne renversera jamais la tendance actuelle. Car la tendance à faire du "profit" ne s'arrêtera pas. Le profit se retrouvera sous forme de salaires et sera donc plus équitablement redistribué, mais la volonté de le réaliser subsistera. Il faudra toujours plus de techniques avancées, des productivités plus importantes, des cadences plus rapides, pour augmenter la production. Et nos conditions de vie continueront à se dégrader. Pourquoi ? (je vous passe l'aspect environnemental, d'autres le feront mieux que moi).
Nous (occidentaux, mais cela se répand dans le reste du monde comme une traînée de poudre) avons une idéologie qui est bien ancrée en nous. Nous croyons que notre salut réside dans l'abondance des biens matériels. Avec un peu de recul, cela semble une quête infinie, tant ces biens on augmenté - que dis-je, explosé - depuis plus de deux siècles ; or vivons-nous mieux que nos ancêtres ? La destruction des tissus sociaux, des solidarités, des cultures en valait-elle la chandelle ?
Pour arriver à ce but, nous avons dégradé ce qui étaient nos activités coutumières pour pouvoir les optimiser : mécanisation, spécialisation, industrialisation, informatisation... Car un travail devient mécansiable (au sens large, puisqu'on parle maintenant d'"intelligence artificielle") à partir du moment où il est réalisé indépendamment de sa finalité ou de son sens, et non simplement par sa répétitivité. Notre précarité (notre obsolescence pour mettre les pieds dans le plat), nous la devons à cette idéologie. L'invention du travail (spécialisation) a été le moyen de rationaliser nos activités, les vidant du sens qu'elles portaient. Poussé à son aboutissement, il ne donnera qu'un monde peuplé par des robots ou des esclaves.
Promouvoir les SCOP en négligeant cette critique, c'est se donner les meilleurs moyens d'accélérer cette infâme progression.
Rédigé par: Neige | 02 janvier 2008 à 23:46
L'objectif devrait être de constituer une organisation large, rompant définitivement avec l'ensemble du stalinisme, et rejetant la bureaucratie et le sectarisme. Cette structure devrait intégrer les militants du PC, de la LCR, de LO, des gauches du PS et des Verts, c'est-à-dire unir l'extrême gauche et la "gauche de la gauche", et évidemment s'ouvrir aux "non-encartés".
C'est dans la participation aux luttes dans le monde, et en participant à la lutte contre le capitalisme et toutes les oppressions, que le communisme peut trouver son sens.
Rédigé par: Avenir du Communisme | 03 janvier 2008 à 11:37
Quand je suis perdu dans le brouillard, je sors ma boussole, mon altimètre et je m'oriente.
Le PCF me fait penser à un de ces randonneurs égarés qui errent sans but précis, changeant d'orientation au jugé chaque fois qu'un obstacle se dresse sur son chemin.
Ton article porte des préoccupations que je partage sur le parti dont je suis membre depuis 1986.
Concernant ce que tu avances sur les SCOPs que je connais un peu pour avoir en avoir monté une à Toulouse et y avoir travaillé de 1996 à 2000, il me semble falloir faire attention :
Poser le problème sous la forme que tu le fais s'apparente à la démarche des socialistes utopistes du début du XIXeme siècle (Fourier, Owen...). Les SCOPS sont intéressantes car effectivement elles montrent que des entreprises peuvent prospérer sans avoir pour but de générer du profit au sens capitaliste du terme. Au delà de cet aspect des choses elles doivent évoluer dans un marché capitaliste dans lequel elles ont, comme tout nouvel entrepreneur se lançant sur le marché, 200 ans de retard pour la constitution de leur capital. Pour cela à mon sens elles n'ont de viabilité que dans les secteurs économiques nouveaux ou le bâtiment (tant que les grosses entreprises utilisant les plombiers polonais n'auront pas complètement déstructuré le marché).
Pour l'agriculture naturelle contre la mal-bouffe, malheureusement la grande distribution monopolise le marché et pour plein de raisons (moyens, temps...) la quasi totalité de la population est contrainte de s'y approvisionner.
Quoi qu'il en soit si une majorité de communistes se mettent sur la voie d'une reconstruction d'un véritable Parti Communiste il y aura de la lumière au bout du chemin...
Rédigé par: Jean Roussie | 03 janvier 2008 à 22:58
Bonjour, je ne suis adhérent d'aucun parti politique mais jeune militant syndical a la CGT et j'ai les mêmes interrogations que toi à savoir est-ce la bonne organisation pour lutter le plus efficacement possible contre les attaques du capitalisme et pour des améliorations sociales.
Je pense malheureusement qu'il n'y a pas d'organisation idéale, mais ce dont je suis certain c'est que l'union fait la force. Derrière cette phrase bateau se cache une vérité que les opposants de gauche ferait bien de méditer. Sarko et se bande l'a bien compris, ils se frottent les mains chaque fois qu'un coup porté par un de leurs adversaires de gauche ne leur est pas destiné.
Comme pour le syndicalisme ou je suis partisan d'un syndicat unique dans lequel il y aurait évidement plusieurs courant d'idée mais qui se battrait pour défendre les intérêts des salariés ( le MEDEF le fait bien pour les patrons), je pense qu'il faudrait reconstruire un parti à la gauche du PS intégrant toutes les tendances actuelles (PCF, FO, LCR, Vert, etc..)c'est uniquement comme cela que l'on a une chance d'arrêter la machine.
On ne peut pas se payer le luxe de se diviser et de s'attaquer entre nous avant d'avoir vaincu.
Malheureusement, les objectifs électoraux prennent le dessus sur les intérêts collectifs.
Rédigé par: ehbuzz | 04 janvier 2008 à 16:30
Bon juste quelques remarques:ne pas faire des élus à vie d'accord mais j'ai aussi connu des camarades qui avaient cessés de l'être au bout de 10 ans et qui ont été complétement abandonnés alors qu'ils étaient au chomage.Parce que le probléme c'est le reclassement.Il ne doit pas y avoir beaucoup de patrons désireux d'accueillir un militant expérimenté dans leur entreprise.Un vrai statut de l'élu me parait indispensable.Et ne renvoyez pas au changement de société elle n'est pas pour demain.
La riposte est indispensable même si elle est insuffisante,ou alors faut laisser faire.
Et ça ne change pas tout les 15 jours,ce sont toujours les mêmes problémes:salaires,retraites,droit du travail,précarité et autres.C'est nous qui nous laissons piéger par "l'instant médiatique".Contrairement à ce que l'on pense,les salariés sont prés à nous écouter même si ce dont nous parlons n'est pas à la télé,c'est même le contraire.La vie privée de Sarko les interressent beaucoup moins que ce qui les concernent directement.
En dernier il ne faut pas nier les temps électoraux qui sont un moment privilégié pour avancer nos idées.Et en ce qui concerne les municipales essayer d'avoir des élus qui défendent les intérêts des travailleurs,les mobilisent sur des objectifs directs quelque soit la majorité.C'est un outil interressant qu'il ne faut pas négliger.
Quant à créer un parti à la gauche du PS avec les verts qui sont des libéraux,suffit de voir leurs propositions sociales,ça plutot tendance à me faire sourire et note une méconnaissance des réalités.
Un parti révolutionnaire nait lorsque les conditions sociales,politiques économiques existent et lorsque les travailleurs en ont conscience.Et le moins que l'on puisse dire c'est que ce n'est pas à l'ordre du jour,toute construction d'appareil est vouée à l'échec.
Nous avons un outil,le PCF,prennons le en main,menons la bataille idéologique,construisons des outils supplémentaires pour ça,faisons le ménage,revenons aux fondamentaux,en clair faisons notre travail de parti révolutionnaire de masse et de classe,si nous le faisons l'union se fera et sera même imposée par les travailleurs.
Rédigé par: Jean Claude Goujat | 07 janvier 2008 à 14:20