Alter Politique - le blog d'un mouton noir

"Si tu ne t'occupes pas de politique, la politique s'occupe de toi." - Rockin'Squat.

Révélation : Sarkozy agent double de Hugo Chavez !

Communiqué
des moutons noirs
du Parti Communiste Français

"Révélation : Sarkozy agent double de Hugo Chavez !"

Exclusif ! La CIA vient de nous faire parvenir la retranscription intégrale du dernier chat échangé sur MSN entre Nicolas Sarkozy (NS) et Hugo Chavez (HC) :

NS : Salut camarade ! La mission "tempête du désert idéologique" se déroule à merveille. Cette fois j'ai carrément réussi à débaucher Fadela Amara.

HC : Parfait, mais ne fait pas trop le fier. N'oublie pas que l'idée est de moi : faire éclater au grand jour les contradictions de tous ceux qui pensaient que l'on pouvait faire du social, de l'associatif ou de l'écologie en se prétendant "de gauche" sans pour autant faire vraiment de la politique, sans s'appuyer sur une idéologie radicalement anticapitaliste.

NS : J'ai bien compris ma mission : mettre au grand jour le désert idéologique de toute cette pseudo-gauche qui ne faisait plus que du caritatif, qu'il s'agisse du PS, des associations ou des écologistes.

HC : Tiens, sur l'écologie tu n'as pas pleinement réussi. Tu en es où avec ce Hulot ?

NS : Attends un peu mon "Grenelle de l'Environnement", ça va être grandiose !

HC : OK, mais attention, reste prudent. Au G8 tu as bien failli rater ton coup. D'accord tu as réussi à saouler Poutine à la téquila, mais avec l'entraînement qu'il a à la vodka il a bien failli t'avoir.

NS : Mais on a enfin obtenu la recette du Cosmogol 999. Ca t'évitera de raser des milliers d'hectares de forêt amazonienne pour produire des agrocarburants...

HC : Bon, quand tu auras terminé ta mission, espérons que la deuxième phase de notre plan réussira aussi bien : voir l'émergence d'une vraie gauche au pays des Lumières et de la Révolution. On commence à se sentir un peu seuls de ce côté-ci de l'Atlantique !

- fin de la retranscription -

Mais quittons la politique-fiction.
Il existe une alternative à la république UMP-PS.

Le Parti Communiste Français propose en effet un projet de société vraiment à gauche, franchement anticapitaliste et répondant aux enjeux du 21ème siècle :

  • Appropriation sociale des moyens de production, dé-financiarisation de l'économie, encadrement de l'économie de marché.
  • Elargissement, rénovation et renationalisation des services publics.
  • Education à l'esprit critique, à la non-violence et à la fraternité.
  • Politique internationale, rapprochement avec nos camarades d'Amérique du Sud.
  • Nouvelle mondialisation économique et lutte contre les délocalisations.
  • Développement durable tant économique que humain (et donc environnement, énergie, alimentation et santé publique).

Mais pour le mettre en oeuvre, il va falloir attendre les prochaines élections présidentielles et législatives, en 2012.

En attendant, vous pouvez contacter le PCF pour nous aider à préparer cette Nouvelle République... vous êtes les bienvenus !

20 juin 2007 dans Politique-fiction | Lien permanent | Commentaires (0)

Alain Juppé doit rester au gouvernement !

Communiqué
des moutons noirs
du Parti Communiste Français

"Alain Juppé doit rester au gouvernement"

Bien sûr, nous aurions préféré qu'il soit élu député. Déjà Maire de Bordeaux et Ministre d'Etat chargé de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables, il était encore totalement disponible de 7h24 à 8h02 le jeudi matin. Ces 38 minutes hebdomadaires auraient pu être utilement consacrées au travail sur le terrain de cette deuxième circonscription de la Gironde ainsi qu'au travail législatif à l'Assemblée.

S'il paraît effectivement préférable de concentrer le maximum de mandats sur les meilleurs éléments de l'UMP, il nous semblerait injuste que cet échec soit doublé d'un renvoi du gouvernement.

Les compétences de Monsieur Juppé en matière d'écologie et de développement durable ne sont plus à démontrer. Juché sur son nouveau vélo, il s'élançait déjà avec fougue à l'assaut des multinationales qui polluent et épuisent impunément notre planète. Un vent de panique se levait dans les directions générales.

C'est Alain Juppé lui-même qui a préparé le dossier remis par Nicolas Sarkozy à Vladimir Poutine, visant à convertir au biodiesel les tondeuses à gazon des résidences officielles de tous les dirigeants du G8 afin de réduire de 0,07% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2042. N'en déplaise aux mauvaises langues, c'est le succès total rencontré sur ce dossier délicat qui a étourdi notre Président.

Gageons que le Président aura à coeur de ne pas se séparer d'un si bon élément.

Mais quittons la politique-fiction.
Il existe une alternative à la république UMP-PS.

Le Parti Communiste Français propose en effet une approche sensiblement différente de ces sujets :

  • Une 6ème république qui interdise le cumul des mandats et redonne tout son sens à la citoyenneté active dans les institutions, les services publics et les entreprises.
  • Une économie au service de l'Homme et respectueuse de l'environnement, qui place l'utilité sociale, la santé publique et la préservation de la planète au-dessus des logiques de rentabilité maximale à court terme.

Mais pour ça, il va falloir attendre les prochaines élections présidentielles et législatives, en 2012.

En attendant, vous pouvez contacter le PCF pour nous aider à préparer cette Nouvelle République... vous êtes les bienvenus !

18 juin 2007 dans Politique-fiction | Lien permanent | Commentaires (1)

Chapitre 1 – Les sans-papiers, ou le syndrome de la pelote de laine idéologique

(Note au lecteur : c'est un peu long mais les moutons sont bavards, vous aviez remarqué comme ils bêlent tout le temps ? Si vous êtes pressé cherchez les petites synthèses de Mouton Pratique qui émaillent ce compte-rendu... elles vous donneront peut-être envie de lire le reste !)

Ah le joli troupeau que voilà ! Ca se bouscule à l'entrée de la bergerie, encore plus que d'habitude. On se grimpe dessus, on se cogne, ça bêle à tout va... il a fière allure, le tout nouveau Conseil Politique des Moutons Noirs, en ce jour historique de sa première séance plénière ! On sent que les cervelles ont bien bouillonné, que de savoureux gros mots idéologiques ont été imaginés, ou glanés dans d'autres bergeries. Tous s'installent confortablement près des mangeoires, la soirée risque d'être longue... Mouton Noir hausse la voix :
- Ces derniers jours, toutes les bergeries frémissent des mêmes analyses savantes sur les explications de la déroute. Les politologues patentés ou amateurs sont intarissables. Beaucoup en arrivent aux même conclusions : les fondamentaux, l'idéologie, la stratégie média. Ces questions sont brillamment posées de toutes les façons possibles, mais pour ce qui est des réponses, c'est plus compliqué... Alors mes chers moutons noirs, je vous rappelle notre feuille de route : du contenu, des propositions, de la Politique avec un grand "P" (donc de l'idéologie). Le tout sans avoir peur de dire n'importe quoi, nous compterons sur les moutons de toutes les couleurs pour nous corriger !
- Abrège ! l'interrompt Mouton Pratique.
- Bon, bon, allons-y. Notre thème aujourd'hui : les sans-papiers. Quelques éléments de réflexion avant de vous laisser la parole. D'abord ce mot d'ordre : "régularisation de tous les sans-papiers". N'importe quoi ! Il n'a de sens que s'il s'inscrit dans une politique globale nécessitant des changements radicaux dans de nombreux domaines : économie, droit du travail, politique internationale (et pas seulement aide au développement), institutions internationales, etc. Il faut des pages et des heures de discours pour expliquer la cohérence de ce mot d'ordre. Alors le mettre en avant quand on est inaudible et qu'en plus on n'est même pas clair sur ces changements radicaux à opérer, c'est suicidaire médiatiquement. D'autant plus que l'on a un accès restreint aux médias. On est immédiatement catalogué "rêveur humanitaire" ou "dame patronnesse" et la caméra passe à autre chose... par exemple à quelqu'un qui affirme que c'est donner un signal fort aux réseaux de passeurs et qu'en plus nous n'avons pas "vocation à accueillir toute la misère du monde". Et c'est parfaitement logique... si on se résigne à ne rien vouloir changer au monde qui nous entoure. Ce dont se garderait bien la grande brebis rose qui n'avait rien à lui répondre. Alors que cette affirmation n'appelle qu'une seule réponse : "non, en effet, la misère du monde, nous n'avons pas vocation à l'accueillir, mais à l'éradiquer : ça sert à ça la politique ! Si pour vous c'est juste de jouer au garde-barrière, il fallait rester Ministre de l'Intérieur !" Bon allez, j'ai assez causé. Qui a quelque chose ?

- Moi ! s'exclame Mouton Syndical. Vous vous souvenez de la blanchisserie Modeluxe de Chilly-Mazarin ? 22 sans-papiers menacés de licenciement après avoir été exploités pendant des années. Ils refusent et se mettent en grève. Les autres salariés les rejoignent : ils sont plus d'une centaine de grévistes solidaires. Les sans-papiers travaillaient 6 jours sur 7, les autres 5 sur 7. Les heures supplémentaires n'étaient presque jamais payées ("travailler plus pour gagner plus" ça vous dit quelque chose ?) et les conditions de travail très dures pour tout le monde. Voici les mots de l'une des grévistes solidaires : "la grève que l'on fait, c'est pour le bien de tous, pour pouvoir travailler dignement" (L'Humanité – 5 octobre 2006).
- Oui, dans de telles situations, la fraternité ouvrière l'emporte sur la mise en concurrence de tous contre tous ! s'enflamme Mouton Sentencieux. Si un travailleur accepte que les droits d'un collègue soient bafoués, alors... son tour viendra ! Et il le sait.
- Exactement. Dans leur immense majorité, les sans-papiers ne sont pas des oisifs qui viennent manger nos allocations, mais des travailleurs qui bossent dur dans des conditions d'exploitation qui préparent la casse des droits de tous les travailleurs.
- Meeeerde... Tout le monde se retourne vers Mouton Rouge (et oui, certains moutons noirs sont rouges, vous n'êtes pas au bout de vos surprises). Ecoutant jusque là distraitement, celui-ci ouvre de grands yeux affolés : mais alors, un parti dont les seules positions médiatiques sur les sans-papiers seraient le mot d'ordre "régularisation de tous les sans-papiers" et le soutien à RESF ne ferait donc qu'accentuer cette situation : faire passer tous les sans-papiers pour des oisifs avec qui nous devrions être charitables ? Il faciliterait donc de fait le boulot des moutons blancs quand ils expliquent que nous n'avons pas vocation à accueillir toute la misère du monde ?! Mais alors à Bercy, au lieu de faire pleurer avec le film de RESF nous aurions dû faire rugir de rage solidaire et d'envie d'en découdre avec un film sur Modeluxe ? Il faut que je vous laisse ! Le regard fou, Mouton Rouge se lève en sursaut et s'élance ventre à terre en direction de la Bergerie Fabien...
- Heureusement qu'il y a d'autres moutons rouges parmi nous, reprend Mouton Noir, parce que si on en perd un à chaque fois qu'ils voient la lumière, on va finir par devoir fermer les portes pendant la séance ! On compte sur eux quand même, c'est le dernier parti de militants qui puisse contribuer efficacement à la contre-attaque (la preuve : certains comprennent vite) ! Bon mais c'est un peu décousu tout ça. Concrètement, on propose quoi ? Mouton Pratique, tu ne peux pas nous faire une petite synthèse courte et bien serrée comme une botte de foin ?
- Hummm... Un peu comme ça ? :

Petite synthèse de Mouton Pratique

  • Action militante : identifier les situations d'exploitation des sans-papiers au travail, les mettre en avant, soutenir les grèves de solidarité entre travailleurs avec et sans papiers.
  • Mot d'ordre : "avec ou sans papiers, même respect pour tous les travailleurs !"
  • Projet de loi : tout salarié sans-papiers saisissant la justice ou l'inspection du travail pour faire respecter ses droits de travailleur bénéficie d'une immunité en ce qui concerne sa situation administrative. Les parlementaires qui prétendent respecter le travail et ceux qui bossent dur pour s'en sortir ne peuvent qu'être favorables à cette loi. Ou alors ils se moquent du monde et il faudra le faire savoir !

- Ah ben voilà, c'est parfait. Maintenant que tu as commencé tu nous feras la même chose à chaque fois ! Bon, quelqu'un a autre chose à nous proposer ? Et "toute la misère du monde", vous l'avez oubliée ?
- Ouais, attend, z-y-va ! intervient Mouton Racaille. Moi depuis ce matin en sortant de ma cité j'ai été contrôlé par la police municipale, dans le RER par la RATP (deux fois !), à Châtelet par des flics en uniforme, dans la rue par ceux en civil... ça fait cinq fois dans la même journée ! Et Modeluxe, depuis ce matin, ils ont été contrôlés combien de fois ?
- Ah merci mon frère ! s'exclame Mouton Syndical. Tu pourrais aussi parler des rafles de sans-papiers qui se multiplient dans Paris. Pendant ce temps-là, il n'y a que 1300 Inspecteurs et Contrôleurs du Travail pour toute la France, soit un agent pour 1200 établissements et 11500 salariés ! Ainsi, certaines entreprises ne sont contrôlées qu'une fois... tous les dix ans ! (cf. dossier paru dans Alternatives Economiques – juillet/août 2005) On voit bien que la loi ne s'impose pas de la même façon pour tous, et qu'il s'agit d'une politique délibérée... Il est beaucoup plus facile et moins risqué d'enfreindre le code du travail que le code civil ! "Etat impartial"... tu parles !
- OK, voyons ce que Mouton Pratique peut nous proposer là-dessus :

Petite synthèse de Mouton Pratique

  • Action militante : identifier les infractions au code du travail, en particulier celles dont les sans-papiers sont victimes, et établir des "procès-verbaux citoyens" adressés aux autorités et à la presse, en rappelant qu'ils auraient dû l'être par l'Inspection du Travail.
  • Mot d'ordre : "patrons voyous : même flicage que pour les travailleurs sans-papiers !"
  • Projet de loi : reconstruire un grand service public de l'inspection du travail. Si "les honnêtes gens n'ont rien à craindre de la police", alors le patronat ne peut qu'être d'accord avec cette proposition, qui ne peut gêner que les rares brebis galeuses (comptez sur les moutons noirs pour les repérer !).

A cet instant de tumultueux bêlements en provenance de l'entrée viennent interrompre la séance. Un mouton rayé multicolore passablement excité parvient jusqu'au fond de la bergerie malgré l'intervention de Mouton Sécurité, complètement débordé par la situation :
- Les moutons noirs doivent reconnaître les droits des LGBT !
- Mais c'est quoi ça encore ? s'interroge Mouton Noir.
- LGBT : Les Gais Brouteurs de Travers ! Notre droit à la différence doit être reconnu, l'orientation du broutage ne doit pas être un facteur de discrimination !
- Bon OK, mais on essaye de parler d'un seul sujet à la fois. Déjà que les sans-papiers ça nous emmène loin... Mais c'est d'accord, on essaiera de parler des LGBT. Mouton Sécurité, tu peux raccompagner gentiment notre camarade ? Et fermer cette porte ? Merci. Bon on en était où ?

- A la misère du monde qu'on ne peut accueillir.
- Ah oui, quelle phrase étriquée, indigne d'un Chef d'Etat ! s'emporte Mouton Sentencieux. Comme si le champ d'action de la politique se limitait à celui du Ministère de l'Intérieur. Non, un Etat comme la France, l'une des plus grandes puissances économiques de la planète, ne doit pas se résigner face à la misère du monde, ou alors il faudrait accepter que la politique ne serve plus à rien, sauf à maintenir l'ordre et les gens à leur place pendant que l'économie néolibérale les broie !
- Justement, poursuit Montant Syndical. Les sans-papiers, c'est un peu de la misère du monde que l'on importe chez nous pour l'exploiter ! Lutter contre cette exploitation ici c'est commencer à l'éradiquer partout. Car en obligeant les entreprises françaises à respecter le droit du travail et à rémunérer décemment les salariés, elles hurleront à la mort en expliquant qu'elles ne sont plus "compétitives". On posera donc le problème de la compétitivité internationale...
- Nous y voilà ! rebondit Mouton Noir, sur un thème qu'il affectionne tout particulièrement. On pourra alors ouvrir un grand débat national sur les solutions politiques à apporter au fléau des délocalisations : avec un volet défensif pour protéger notre économie, et un volet offensif pour améliorer les conditions de travail et le niveau de vie dans les pays en voie de développement. En réduisant la misère du monde, on commencera à régler le problème des sans-papiers. Mais cette question de notre insertion dans l'économie mondiale et de nos relations internationales est tellement vaste et il y a tant à dire que nous y consacrerons une séance complète du Conseil Politique des Moutons Noirs. Avant de passer à la suite, tu as la parole Mouton Pratique.

Petite synthèse de Mouton Pratique

  • Action militante : détecter toutes les délocalisations et centraliser l'information au sein d'un "observatoire citoyen des délocalisations" pour montrer que ce phénomène continue, s'amplifie... et se poursuivra tant qu'une solution politique ne sera pas donnée.
  • Mot d'ordre : "les délocalisations ne sont pas une fatalité ! ici et ailleurs, la politique peut éradiquer la misère !"
  • Projet de loi : mise en place de mécanismes protectionnistes intelligents et finançant l'aide au développement des pays partenaires.

- Meeerde... ! s'exclame un autre Mouton Rouge. Mais nous l'avons déjà élaborée et proposée cette loi ! Elle est fondamentale et nous n'y avons consacré qu'une seule ligne dans le programme présidentiel de Marie-George, alors que ce fléau angoisse tous les Français... excusez-moi ! Il se met sur ses pattes et s'enfuit à toute allure... pour s'écraser contre la porte restée fermée depuis l'intervention du Mouton LGBT.
- Mouton Sécurité, laisse-moi sortir ! C'est bientôt les législatives, il faut que j'aille à la Bergerie Fabien pour en parler avec mes camarades, nous devons mettre en avant ces propositions politiques qu'en plus nous avons élaborées, au lieu de faire une campagne implorante en dressant le catalogue des droits et aides que nous quémandons, sans montrer d'abord comment nous voulons et pouvons changer les règles du jeu pour que tout ceci devienne possible !
- C'est pas grave, attends la fin. De toute façon, des moutons noirs ont déjà écrit des choses sur les délocalisations pendant les présidentielles, sans grand effet sur la campagne des moutons rouges. Tant mieux si tu es convaincu, mais reste avec nous pendant que la Bergerie Fabien se préoccupe de cuisine électoraliste.
- Oui mais il faudrait que l'on ait des députés !
- Entièrement d'accord avec toi, mais pour ça il faudrait avoir autre chose à dire aux électeurs que "nous on est plus à gauche que les autres" ou "la résistance c'est nous"...

- Eh ! Oh ! Mouton Rouge et Mouton Sécurité, vous continuerez plus tard ! intervient Mouton Noir. Revenons à nos moutons ! Que se passerait-il si des régularisations massives intervenaient ? D'après les moutons blancs, ça serait la fin du monde, la déferlante organisée par de puissants réseaux mafieux...
- N'importe quoi ! Prenons le cas de l'Espagne que notre nouveau Président nous cite souvent en exemple. Elle a régularisé 700 000 clandestins en 2005, pour le plus grand bien de son économie et de ses finances publiques, et aujourd'hui elle compte beaucoup moins de chômeurs que nous, c'est même quasiment le plein emploi d'après notre Président ! Même chose en Italie qui a régularisé 700 000 sans-papiers en 2003. Alors ? En fait "l'importation" des sans-papiers arrange bien le pouvoir économique, qui a besoin ici de main d'œuvre corvéable.
- Ca me fait penser à la centrale EDF de Porcheville où des ouvriers Polonais ont été amenés par un sous-traitant, payés 400 euros par mois et dormant sur des matelas posés par terre. Ils n'étaient pas des sans-papiers car ils venaient de l'Union européenne, mais la logique est la même.
- Pour cesser cette exploitation, on doit régulariser les sans-papiers et rétablir leurs droits, mais il est également indispensable de mettre en œuvre les autres mesures que nous avons proposées, c'est-à-dire de rétablir la primauté de la politique sur l'économie, et du travail sur le capital. Devenues inutiles, ces filières disparaîtront rapidement.
- Alors Mouton Pratique, tu nous proposes quoi sur ce sujet des régularisations ?
- Mmm... là va falloir innover :

Petite synthèse de Mouton Pratique

  • Action militante : sur le terrain, apporter notre appui opérationnel aux luttes contre les expulsions et pour les régularisations, en mettant l'accent sur la solidarité avec les travailleurs sans-papiers et leurs familles.
  • Mot d'ordre : rien, aucune prise de position médiatique sur les régularisations des sans-papiers. Si nous sommes interpellés par les médias, voici quelle doit être notre réponse : "Il s'agit d'une question humanitaire à laquelle se consacrent des associations. Notre rôle est tout autre : faire de la politique pour changer le monde. Et c'est possible : nous proposons de défendre les droits de tous les travailleurs, avec ou sans papiers ; de poursuivre les patrons voyous qui les exploitent ; et de lutter contre les délocalisations pour éradiquer la misère qui pousse les sans-papiers à venir se faire exploiter ici."

Alors que Mouton Sentencieux s'apprêtait à reprendre la parole, des ronflements attirent le regard de tous vers l'entrée : Mouton Rouge et Mouton Sécurité se sont endormis l'un contre l'autre, et les deux contre la porte.

- Camarades, conclut Mouton Noir, en tirant sur le fil des sans-papiers qui dépassait de la pelote de laine idéologique, nous avons abordé de nombreux sujets. Ce qui a le mérite de confirmer l'importance centrale de cet enjeu, et de mettre cruellement en lumière l'absence totale de confrontation idéologique que nous avons connue pendant la campagne présidentielle. Mais certains de ces sujets devront à leur tour être déroulés lors de nos prochaines séances, en espérant que cela serve à quelque chose.

Fraternité Négrovine !

13 mai 2007 dans Politique-fiction | Lien permanent | Commentaires (1)

Prologue – Les Moutons Noirs contre-attaquent !

Sale ambiance dans la bergerie. Les quelques moutons noirs qui s'y sont retrouvés ruminent en maugréant. L'air hébété, ils farfouillent sans conviction dans le trèfle bien vert que Mouton Fêtard a malgré tout servi :
- On en a pris pour cinq ans, alors prenons des forces !
- Cinq ans minimum, précise Mouton Pessimiste, jamais en reste. Parce que vu l'état dans lequel on est, la pente va être raide à remonter !
- D'autant plus que les médias se gêneront encore moins pour nous oublier. De son côté, ça fait dix ans qu'il les travaillait pour préparer son "grand soir" à lui.
- Oui, mais il a su identifier les angoisses de tout le troupeau, et justement s'appuyer sur les médias pour cultiver le terreau idéologique sur lequel ses réponses allaient s'épanouir.
- Exactement : il a gagné la guerre idéologique, conclut Mouton Sentencieux. Et sur ce terrain, la résistance a été quasiment inexistante !

Resté jusque là dans son coin, Mouton Noir lâche un chapelet de crottes qui ne trompe personne : il est mûr, ça va sortir.
- On a perdu une bataille, pas la guerre !
- Le revoilà avec ses grandes phrases ! Celle-là tu ne l'as pas inventée !
- Nous sommes des millions de moutons noirs. Bien sûr nous allons résister, mais nous devons surtout répliquer. Le néolibéralisme n'est pas la fin de l'Histoire. Le nouveau monde se pense déjà dans de nombreuses bergeries. La cervelle de mouton, ça se cuisine, mais ça peut aussi bouillonner et produire de l'idéologie !
- Idéologie, c'est pas un gros mot ? demande un agneau qui passait par là.
Mouton Sentencieux le prend à part : tu as raison mon petit, oser avoir une autre idée que l'idée dominante, c'est toujours un peu mal vu. Alors on veut nous faire croire que c'est dire des gros mots. C'est aussi pour ça que l'autre grand mouton blanc nous a désignés comme les moutons noirs : parce que nous n'avions pas la même idée que lui. Mais ces gros mots-là, on les adore. Ils nous font pétiller la cervelle et nous réchauffent le coeur. A bien y réfléchir, c'est peut-être aussi pour cette raison qu'il y a beaucoup de moutons noirs parmi les agneaux comme toi... Mais écoutons Mouton Noir, il a l'air en forme.

- Ca fait des années que les moutons roses ne savent plus où ils sont, et se laissent attirer comme des mouches par la lumière médiatique de l'idéologie dominante. Alors que tout bon mouton doit avancer en regardant où il met les pattes, ils sont restés le museau en l'air, n'ont pas senti le sol changer... et s'enlisent aujourd'hui dans les Marécages du Centre. Peu réussiront la traversée, et dans quel état ! Il paraît que le premier qui y est arrivé n'est pas beau à voir, la brebis qui l'a mis au monde ne doit même pas le reconnaître...
Mâchouillant nerveusement son foin depuis quelques minutes, Mouton Pratique explose :
- Oublions-les un peu les moutons roses ! Ca fait des années qu'ils nous obnubilent, comme si la seule façon de n'être pas blanc, c'était d'être rose. Ca aussi c'est de la pensée dominante ! N'en parlons plus, laissons-les dans leur marécage ! Passons à la contre-attaque !
- A nous de dire qui nous sommes, ce que nous voulons !
- Arrêtons de dire seulement NON, affirmons notre idéologie, nos principes politiques !
- Face au nouveau conseil des ministres, créons aujourd'hui le Conseil Politique des Moutons Noirs. Nous devrons expliquer les mesures concrètes que nous proposons pour changer la vie et affirmer clairement nos principes.
- Il faudra détourner les slogans d'en face, les retourner contre eux !

Un peu débordé par l'enthousiasme général, Mouton Noir reprend la parole : D'accord, mais nous connaissant, ça peut partir dans tous les sens ! Arrêtons-là pour ce soir, mais d'ici la prochaine fois, chacun fait bouillonner sa cervelle sur un même sujet. Commençons par un thème autour duquel nous avons perdu la bataille idéologique : les sans-papiers par exemple. Pourquoi le mot d'ordre "régularisation de tous les sans-papiers" nous condamnait-il à l'échec ? Pourquoi n'avons-nous pas vocation à "accueillir toute la misère du monde" ? Mais attention, pas de bons sentiments : que des gros mots idéologiques et des propositions concrètes !

La rumination favorisant comme chacun sait le bouillonnement de la cervelle de mouton, le trèfle du Mouton Fêtard est finalement promptement ingéré. Puis le Conseil Politique des Moutons Noirs se sépare et chacun regagne son pré, en regardant bien sur quel terrain idéologique il met les pattes pour être certain de ne pas s'égarer...

09 mai 2007 dans Politique-fiction | Lien permanent | Commentaires (4)

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