Alter Politique - le blog d'un mouton noir

"Si tu ne t'occupes pas de politique, la politique s'occupe de toi." - Rockin'Squat.

Le Mouton Noir quitte le PCF

Je suis entré au PCF par intuition, je le quitte par conviction.

L'intuition communiste

Convaincu de la nocivité du système capitaliste tant pour l'Homme que la planète, et de la nécessité impérieuse de bâtir une alternative à cette organisation de l'économie et de la vie sociale, j'ai souhaité m'engager dans le champ politique.

Je me suis un peu documenté, j'ai pris contact avec différentes organisations, et j'en ai conclu que seuls les communistes avaient réellement cette ambition de changer le monde, en agissant concrètement aujourd'hui tout en proposant une vraie alternative. J'ai donc rejoint le PCF à l'été 2005.

L'étonnement

Congrès, collectifs, assemblée extraordinaire, etc... le PCF a traversé depuis une période quasi continue de débats internes profonds. Pendant toutes ces réunions, la plupart des intervenants se demandaient... ce qu'était le communisme (du 21ème siècle ou pas), et quel pouvait bien être notre proposition pour le monde d'aujourd'hui. Plusieurs fois je me suis pincé : étais-je bien au Parti "Communiste" ?

Pour moi c'était pourtant simple : si le capitalisme c'est l'exploitation maximale des ressources et des hommes par une classe qui s'est appropriée le capital, c'est-à-dire les moyens de production, alors le communisme c'est l'abolition de cette exploitation grâce à un système économique fondé sur l'appropriation sociale des moyens de production et d'échange, et tourné vers la satisfaction des besoins des populations. Et le PCF doit revendiquer cet objectif qui doit structurer toute son action.

J'ai lu pour m'en assurer. Les anciens (Marx : "il faut faire la révolution économique en permanence, faire du communisme maintenant !") et les communistes "labellisés" bien sûr, mais aussi les nouveaux et les autres pour constater que la pensée communiste existe bien, qu'elle est riche, vivante, foisonnante, et que toute la matière première est là. L'excellent "Du capitalisme au communisme" de Christian Brochant. Le très détaillé "L'appropriation sociale" de la Fondation Copernic. L'étonnant "Après le capitalisme" du nord-américain Michael Albert. Tout ce qu'inventent et mettent en pratique les zapatistes pour organiser l'économie et les services publics par et pour les citoyens.

Les réponses existent donc. Avec quelques camarades, avec nos petits moyens bien limités par rapport à toutes les têtes pensantes de Colonel Fabien, nous avions ainsi rédigé l'année dernière un document présentant ce que pourraient être aujourd'hui les propositions communistes dans le domaine de l'économie.

Alors comment expliquer cette désertification idéologique apparente d'une grande partie des adhérents du PCF ?

La désillusion

Cette amnésie collective n'est pas un hasard. Elle est une conséquence. Celle du refoulement de l'idéal communiste organisé depuis des années par l'appareil du PCF pour assurer la "respectabilité" du parti et sa compatibilité avec le Parti Socialiste, allié obligé de la direction du PCF pour "sauver les meubles" à chaque élection.

Cette stratégie trouve son point d'orgue dans le 34ème congrès qui se prépare actuellement.

Le projet de plate-forme politique ("base commune") adopté cette semaine par près de 61% des adhérents est un texte désemparé, sans perspective, pâle copie mal réécrite de ce que développe avec beaucoup plus de talent Jean-Luc Mélenchon, qui représente l'aile gauche du PS (tendance organisée sous le nom de "PRS").

Aucune remise en cause fondamentale du capitalisme. Aucune perspective d'une organisation alternative des rapports de production, par l'appropriation collective des moyens de production et d'échange. Juste un "nouveau mode de développement".

Cette proposition a toute sa place sur l'échiquier politique, mais je ne vois pas ce qu'elle a de communiste, même si le mot est conservé. C'est du communisme "canada dry". Si ce capitalisme régulé et gentil représente effectivement le projet politique qu'ils souhaitent porter, j'invite les camarades qui ont choisi ce texte à rejoindre en masse PRS, ils s'y sentiront très bien et ce sera beaucoup plus efficace pour atteindre cet objectif.

Le PCF meurt de ne plus oser être communiste. Il ne propose plus de projet clairement identifié. Les électeurs ne s'y trompent pas, les résultats en chute libre en attestent. Ainsi que la baisse dramatique du nombre d'adhérents.

Il reste des communistes au PCF !

24% des adhérents ont pourtant soutenu notre texte alternatif "Faire vivre et renforcer le PCF – une exigence de notre temps", clairement communiste, et ce malgré toutes les manœuvres de l'appareil du PCF et le "légitimisme" de bon nombre des adhérents. Alors faut-il rester ?

Une image s'est imposée à moi en écoutant et lisant les arguments de mes camarades qui font ce choix : c'est le syndrome de la femme battue par rapport à son tortionnaire ! "Il est gentil quand il ne boit pas" (en dehors des périodes électorales), "Mais je n'ai nulle part où aller !" ou encore "Je sais que je peux le faire changer" (le pire).

Quittons cette analogie (certainement douteuse) pour revenir sur le terrain politique. Au sein du PCF, ces camarades déploient une énergie incroyable pour exister, faire avancer leurs idées, convaincre autour d'eux... mais à l'intérieur du parti ! Au lieu de le faire dans la société ! Objectivement, l'appareil du PCF est devenu aujourd'hui un allié de fait du système capitaliste, en détournant et en neutralisant les forces de milliers de militants.

Je respecte néanmoins leur choix et je me trompe peut-être. Ces militants restent mes camarades, mais pour moi c'est fini, je n'ai plus rien à faire dans ce parti.

Mais je ne regrette pas...

En m'incitant à chercher des réponses pour comprendre ce qu'il s'y passait, le parti m'a finalement rendu "plus communiste". Et ces quelques trois années représentent pour moi une expérience humaine irremplaçable. Elles m'ont beaucoup apporté et appris. Elles m'ont fait grandir un peu, et permis de rencontrer des gens exceptionnels.

Que faire maintenant ?

Jamais il n'a été plus urgent de construire une alternative au capitalisme, de montrer que l'on peut faire autrement. Avec la crise dont la population commence seulement à subir les effets réels, une opportunité historique s'offre à nous.

Dans le champ politique, une nouvelle formation communiste verra peut-être le jour : les communistes sans parti sont aujourd'hui les plus nombreux ! Je ne vois pas bien quand ni comment elle naîtra, mais elle devra renouveler profondément les pratiques politiques, en inventant et en adoptant d'autres modes d'exercice du pouvoir. Les sources d'inspiration existent, qu'il s'agisse des propositions du PCF (si !) pour une 6ème république, écrites par un certain Cohen-Seat (incroyable, le même que celui des "valises de plomb"), mais jamais appliquées au sein même du PCF (et pour cause), ou encore des expérimentations des zapatistes. Il faudra retravailler le rapport aux élections et le rôle des élus, car avoir des élus ne s'oppose pas à une perspective authentiquement communiste, par exemple en impliquant les populations dans la vie publique pour promouvoir l'appropriation collective de la gestion municipale et des services publics (et bon nombre d'élus PCF font un travail remarquable en ce sens).

Mais tout ceci prendra du temps. Par ailleurs, je ne crois pas que le NPA représente une solution (l'agglomération contestataire et hétéroclite des "anti" ne remplacera jamais l'unité dans l'action d'une base militante se battant "pour" un même projet).

Comme je le proposais en décembre dernier, l'urgence est de "combattre concrètement, par la preuve, l'idée qu'il n'y aurait plus d'alternative : nous devons faire du communisme maintenant."

Et le communisme, comme la politique, c'est d'abord de l'économie. Aujourd'hui, l'une des meilleures façons de déstabiliser le capitalisme, c'est donc de prouver dans le champ économique que les solutions capitalistes ne sont pas les meilleures, qu'il en existe d'autres, à la fois plus justes, plus humaines et plus efficaces : ce sont les coopératives (SCOP : "société coopérative de production").

Quelques citations :

  • "Les SCOP ont vocation à supprimer le profit réalisé par l'entrepreneur sur le travail".
  • "La cause du contrat de société coopérative est la satisfaction des besoins personnels ou professionnels des membres."
  • "Les associés de la société coopérative sont les "apporteurs d'activité" (les travailleurs) de l'entreprise coopérative."
  • "Le principe de la gestion démocratique implique la souveraineté des usagers (travailleurs associés), l'élection des dirigeants par les dirigés et le fait que l'exercice du pouvoir est attaché, non pas à la part de capital détenue, mais aux seules personnes."

C'est pas du communisme ça ? Et c'est tiré du très austère Guide Juridique des SCOP (620 pages en petites lettres) édité par la très sérieuse Confédération Générale des SCOP.

Je vais donc prendre le risque de quitter mon travail actuel, pour créer une coopérative et m'investir dans le mouvement coopératif français et européen, en contribuant à développer ses dimensions profondément subversives et politiques.

Fraternellement,

Mouton Noir

02 novembre 2008 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (2)

Le grand écart de Marie-George

Samedi 27 octobre. Manifestation nationale organisée par le Parti Communiste sur le thème de "la riposte". Prises de parole à Jaurès. Après plusieurs interventions très intéressantes, discours de clôture de Marie-George Buffet. Discours assez long articulé en plusieurs parties.

Commentant l'état de la scène politique, Marie-George dénonce une fois de plus la dérive droitière du Parti Socialiste et ceux qui font "un bout de chemin avec la droite", puis révèle que le PS vient d'annoncer le matin même qu'il ne s'opposerait pas au nouveau traité constitutionnel que Sarkozy veut nous imposer. Huées de l'assistance.

Quelques phrases plus tard, Marie-George affirme que lors des municipales de mars 2008, il faudra jouer le rassemblement, et malheur à ceux qui ne joueront pas le jeu. Elle ne le dit pas aussi clairement que lors de ses précédentes interventions sur le sujet, mais tout le monde met les sous-titres : la stratégie affichée par la direction nationale est de s'allier dès le 1er tour avec le PS.

Non Marie-George. Le rassemblement, c'est au second tour. Le premier tour, ça sert à montrer sa différence (s'il y en a une), à porter son projet (si on y croit) et à construire un rapport de force pour fusionner les listes de gauche au second tour, derrière la liste arrivée en tête, pour faire barrage à la droite.

Faire liste commune dès le 1er tour, c'est jeter dans les bras de la LCR tous les électeurs écoeurés par la dérive droitière du PS. C'est renforcer la bipolarisation de la vie politique que nous dénonçons tant. C'est poursuivre la stratégie qui tue le PCF lentement mais sûrement.

Dans le même discours, dénoncer la dérive droitière d'un parti qui bafoue le NON exprimé démocratiquement par le peuple français, et prôner l'alliance avec le même parti dès le premier tour, ça s'appelle faire le grand écart. Très grand. Trop grand ?

Le discours prend ensuite plus de recul, pour présenter les grands axes de nos propositions pour le pays. On a l'impression de revoir la campagne présidentielle. Et la même nausée revient : ces propositions sont très séduisantes, mais elles ne se distinguent absolument pas de celles que pourraient formuler PRS, l'aile gauche du PS.

Ce discours politique de Marie-George était un discours socialiste de gauche, pas un discours communiste ! Où est notre différence ? A quoi sert le parti communiste sur la scène politique ? Son rôle n'est-il pas d'affirmer qu'il est possible de penser autre chose que le capitalisme ? Que la question des rapports et des modes de production est au cœur de la politique ? Que la réappropriation sociale des services publics et des moyens de production peut commencer dès aujourd'hui ? Que l'espoir qui se lève en Amérique du Sud peut également s'allumer en Europe ? Que cette lumière peut venir de la France ? Que c'est le combat que veulent mener les communistes ?

Si face à un auditoire exclusivement constitué de communistes, nos dirigeants ne sont pas capables de porter une parole authentiquement communiste, comment les croire quand ils affirment possible de fondre le PCF en un "courant communiste" au sein d'un nouveau parti de gauche, grand machin de la "transformation sociale" qui serait créé à la gauche du PS ?

N'aurions-nous pas plutôt besoin d'un Parti Communiste renouvelé et renforcé, fier de son projet, capable d'ouvrir de nouvelles perspectives vers un Nouvel Avenir et de montrer comment commencer à le bâtir dès aujourd'hui ?

28 octobre 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (2)

POUR UN REFERENDUM MILITANT SUR LES MUNICIPALES DE 2008

"Cher-e camarade.

Nous sommes toutes et tous adhérentes et adhérents au PCF. Nous sommes communistes et ne représentons aucun courant.

Nous estimons être, aujourd’hui, insuffisamment ou imparfaitement représentés au sein de nos instances dirigeantes.

Nos directions ne seront probablement pas renouvelées lors du Congrès de décembre 2007.

Elles ne peuvent cependant considérer qu'elles bénéficient d'un chèque en blanc des adhérents pour faire ce qu'elles veulent d'ici décembre 2008.

En effet, il nous apparaît que, sur certaines orientations stratégiques majeures, et compte tenu de la situation actuelle de la France depuis le « coup d’Etat sarkozyste », nos directions ne peuvent faire l'économie d'une consultation sincère et réellement ouverte de « la base ».

La question des municipales de 2008, de listes communistes, et de l’alliance avec le PS, est une de ces orientations majeures, d’autant que le PS a choisi d’en faire une question nationale.

Aussi, nous réclamons aujourd’hui, très fraternellement mais fermement, par la présente pétition, que soit organisé d’urgence un référendum militant national sur ce sujet.

Cette question est fondamentale, d’un point de vue politique, idéologique et électoral ; nous pensons que la réponse à cette question conditionne notre futur et notre résistance à la droite réactionnaire et capitaliste, et nous tenons donc à ce qu’elle soit tranchée par les militants eux-mêmes, avant le Congrès de décembre prochain.

Nous n’ignorons pas que le référendum militant n’est malheureusement pas prévu par les statuts du PCF, mais nous pensons qu’une situation exceptionnelle mérite une réponse exceptionnelle, comme ce fut le cas par deux fois pour soutenir la candidature de Marie-George Buffet auprès des collectifs.

Nous ne pouvons imaginer que nos camarades dirigeants n’entendront pas nos voix.

Voici donc le texte des trois questions que nous souhaiterions voir posées ensemble sur ce sujet par la voie du référendum :

- Souhaitez-vous que le PCF présente des listes menées par les communistes au premier tour des municipales, en se réservant éventuellement le droit de fusionner entre les deux tours avec d’autres listes de gauche majoritaires ? OUI/NON

- Souhaitez-vous que l’union avec des listes de gauche ne puisse se faire que sur la base d’un programme commun minimum et d’un accord conférant un réel pouvoir aux communistes ? OUI/NON

- Souhaitez-vous que, le cas échéant, certaines dérogations locales puissent être apportées à ce principe dès le premier tour en fonction de l’état des forces sur le terrain ? OUI/NON

Etant entendu qu’auront le droit de participer à ce référendum tous les militants à jour de leur cotisation au 1er mai 2007.

Cette pétition sera portée solennellement et en délégation, Place du Colonel-Fabien, au siège du PCF avant le congrès de décembre 2007.

Salutations fraternelles."

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Pour information :

Cette pétition est une initiative de militants communistes, destinée aux adhérent-e-s du PCF, Bellaciao ayant simplement accepté de nous mettre ses moyens techniques à disposition.

Vous pouvez la signer en ligne sur Bellaciao, ou encore, manifester votre soutien sur le blog de Mouton Noir (vous y êtes !), de La Louve ou de Sad, entre autres, et également, renvoyer la pétition par voie postale à Bellaciao / Pétition, 120 rue Lafayette 75010 Paris.

N’hésitez pas à la faire circuler et à en discuter, notamment en section (notre but n’étant pas de désorganiser le Parti mais au contraire, d‘œuvrer à sa réorganisation nécessaire).

La clôture des signatures est fixée au 30 octobre 2007.

Premiers signataires, par ordre alphabétique (merci de mettre vos nom, prénom, ville, section) :

Saddok Abed, PCF Lyon Croix Rousse
Erwan Baete, PCF Paris 20è
David Blumental, PCF Paris 20è
Liet Kynes, PCF Paris 17è
Philippe Lelong, PCF Paris 20è
Jacques Michel, PCF 94, Plateau Briard
Christian Monzier, PCF Paris 19è
Paul Réginer, PCF Brest
Maguy Ruiz, PCF Montpellier Sud
Elodie Tuaillon, PCF Paris 17è
Max Weinstein, PCF Paris 17è

01 octobre 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (0)

Le gouvernement des faits divers : un écran de fumée !

De quoi parlent les médias ?

48h sur le frère de Rachida
48h sur les bourrelets retouchés de Sarkozy
48h sur la lutte contre les pédophiles
48h sur la gaffe de Kouchner en Iran
48h sur les chiens méchants
48h sur les procureurs
48h sur les commerçants dans les quartiers
48h...

Pendant ce temps-là, que fait vraiment le gouvernement ?

  • Démolir les services publics (poste, énergie, santé, et maintenant l'école).
  • Démolir les mécanismes de redistribution (paquet fiscal, baisses de charges).
  • Démolir la protection sociale (sécu, franchises, bientôt les retraites).
  • Démolir la contestation (service minimum, droit de grève).

Cette stratégie est parfaitement pensée et exécutée, elle ne doit rien au hasard : pendant que l'on alimente la sphère médiatique avec des sujets dont elle est friande, et dont elle s'emplit jusqu'à saturation, on peut mettre en œuvre à marche forcée et sans faire trop de bruit un programme extrêmement cohérent.

Face à la mondialisation : le sous-développement ou le communisme !

Ce programme est l'un des deux seuls possibles pour faire face à la mondialisation : baisser les charges, baisser les salaires, baisser les retraites, baisser la protection sociale... bref, baisser sa culotte ! Ouvrir en grand les frontières à la concurrence libre et non faussée, et nous donner comme seule perspective le niveau de vie des pays en voie de développement. En clair, faire de la France un pays sous-développé.

La seule autre solution, c'est le projet communiste pour le 21ème siècle. Un projet animé d'une vision positive de l'avenir, et à la hauteur des enjeux de notre temps. Un projet solidement appuyé sur trois piliers :

  • Des services publics de qualité, gratuits, garants de la cohésion sociale.
  • Un secteur public marchand capable de garantir la pérennité, la sécurité et l'évolution des services et des infrastructures dont les foyers et les entreprises ont besoin.
  • Une économie concurrentielle définanciarisée, intégrant des mécanismes favorisant sa mutation progressive vers une économie coopérative contrôlée par les citoyens, et intégrée dans l'économie mondiale à travers des règles souples de protectionnisme adaptées aux conditions spécifiques de chacun de nos partenaires. Une économie au service de l'Homme et respectueuse de son environnement.

Comment contrer la stratégie du gouvernement des faits divers ?

Il faut dénoncer le "gouvernement heure par heure", sans aucun recul ni vision pour la France. Et sur chaque sujet, ramener inlassablement le débat à une question centrale : quelle solution face à la mondialisation et aux délocalisations ? Notre objectif doit être que s'ouvre enfin un débat national sur cette question.

Exemple sur les pédophiles :

- Que pensez-vous des projets de loi du gouvernement sur les pédophiles ?
- De la poudre aux yeux ! Ils ne seront pas plus appliqués que les multiples lois existant déjà, faute de moyens suffisants. Parce que le choix du gouvernement est clair : baisse du budget de l'Etat, baisse du nombre de fonctionnaires, baisse du nombre de travailleurs sociaux, baisse de ceci, baisse de cela... Et un pédophile de plus qui a pu abuser d'un petit garçon, notamment parce que la surveillance judiciaire dont il devait faire l'objet à sa sortie de prison est restée lettre morte : le Juge d'Application des Peines lui avait fixé un premier rendez-vous près de deux mois après sa sortie de prison ! Forcément, il traite à lui seul des centaines de dossiers par an ! Ce "gouvernement de la baisse" nous tire vers le bas car c'est sa stratégie face à la mondialisation : faire de la France un pays sous-développé ! Nous, les communistes, nous affirmons qu'un autre projet est possible pour la France. Nous exigeons un grand débat national sur les solutions à apporter face aux délocalisations !

04 septembre 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (0)

Questionnaire du PCF : le Mouton Noir fait ses devoirs de vacances

Parti pris : répondre de la façon la plus dense et la plus spontanée possible. Surtout ne pas se relire. Tant pis si ça part un peu dans tous les sens, au moins ça lancera le débat. C'est le but, non ? C'est parti...

1. Dans quelle société vivons-nous ? Que faut-il y changer ?

A. Le capitalisme aujourd’hui

Comment qualifier le capitalisme aujourd’hui ? A-t-il changé et en quoi ? Quelles sont les nouvelles formes d’exploitation, d’aliénation et de domination ?

La concentration du capital s'est accélérée, notamment à travers les frontières, pour constituer de grands groupes transnationaux. Le capitalisme s'est également financiarisé. Ces deux phénomènes se conjuguent avec pour conséquence une distanciation entre les classes : le salarié ne voit plus ses vrais patrons, ceux qui possèdent tout en haut le capital et accumulent les profits sur son salaire. Les antagonismes de classes se sont ainsi dépersonnifiés, "virtualisés", et les salariés en viennent à penser qu'ils subissent un système et non pas les décisions de véritables humains en chair et en os qui existent pourtant (on les voit à Davos...).

Le combat pour le dépassement du capitalisme est-il nécessaire ? Est-il possible ? Est-il suffisant ?

Non, non, c'est super chouette le capitalisme, faudrait surtout pas chercher à voir au-delà... Blague à part, moi je ne sais pas ce que c'est que le "dépassement du capitalisme". En attendant qu'on m'explique, je suis pour le "communisme".

Le Parti Communiste Français a-t-il suffisamment pensé l’impact des questions écologiques et internationales, la révolution informationnelle, les découvertes scientifiques et techniques ?

Non. Non. Non. Non... non ?

Ces enjeux sont-ils porteurs d’une obligation à renouveler son analyse théorique et pratique du monde ?

Très certainement. On a du boulot.

B. Une société en mouvement

La classe ouvrière a-t-elle disparu, sa structuration s’est-elle modifiée ? Comment la définir aujourd’hui ?

Ce qui n'a pas disparu, c'est le salariat. Et c'est bien lui que Marx pointait du doigt comme mécanisme de base d'extraction et d'accaparement de la plus-value par le capital. Aux 18ème et 19ème siècles le salariat était surtout ouvrier, aujourd'hui il est (chez nous) surtout dans le tertiaire. Mais les agents des centres d'appel, les caissières de Monoprix, les techniciens et les informaticiens d'IBM ou de Peugeot... sont les prolétaires d'aujourd'hui : ils vivent en vendant leur force de travail à des capitalistes qui en extraient le maximum de plus-value.

Les aspirations profondes de notre peuple ont-elles changé ? Comment peut-on les caractériser ?

On veut toujours tous la même chose : le bonheur pour nous et nos enfants !

La société française a-t-elle « glissé à droite » ? Les Français partagent-ils majoritairement les idées de la droite, ou n’y sont-ils pas perméables devant la faiblesse de celles de la gauche ?

Bien sûr. La gauche et le parti communiste sont tellement absents du débat idéologique et politique que les gens en viennent à penser que ce fameux bonheur ne s'obtient qu'en jalousant ou en écrasant son voisin.

C. Quelles luttes pour une autre société ?

Quels sont les espaces de résistances à la mondialisation capitaliste ?

Bien faibles aujourd'hui, par absence de perspectives idéologiques. Balbutiant du côté des alters et des écolos, qui semblent néanmoins errer dans le noir sans boussole...

Le Parti Communiste Français n’a-t-il pas négligé des formes émergentes de lutte, de résistance et de dépassement du capitalisme ?

Si. Résistance et désobéissance civiles. Contre-offensive idéologique (par exemple comme ça). Auto-organisation à la base. Développement du secteur coopératif. Repersonnification des antagonismes de classe. Explication concrète du communisme. Agit-prop...

Comment convaincre que la mondialisation du capitalisme n’est pas une contrainte insurmontable ? Comment redonner du crédit aux idées de progrès social, de changement et de partage dans le monde d’aujourd’hui ?

En explicitant le projet politique des communistes pour le 21ème siècle, basé sur la réappropriation sociale des moyens de production et la démocratie. En ayant le courage d'affirmer qu'il faut oser provoquer une crise institutionnelle européenne et mondiale pour casser les logiques en œuvre au sein de l'Union européenne et des institutions financières internationales (OMC, FMI, Banque Mondiale). En montrant que les délocalisations ne sont pas une fatalité, et en parlant avec intelligence du protectionnisme.

Comment travailler à reconstituer une solidarité entre salariés dans un monde où le travail est aussi éclaté ? Comment convaincre que les salariés, les chômeurs, les précaires, les retraités, etc... ont les mêmes intérêts politiques ?

En explicitant le fonctionnement, les logiques et les intérêts du système capitaliste et de ceux qui en profitent. En montrant que l'on peut faire autrement, qu'il existe une alternative, pour redonner l'espoir. Car c'est surtout l'absence d'alternative qui tue l'espoir et provoque la résignation. En reconstituant aussi les solidarités au niveau international.

2. Sur notre projet

A. Le communisme en question ?

Quel sens donner aujourd’hui au mot de communisme ?

Le communisme, c'est l'appropriation sociale des moyens de production. Les moyens de production, ce sont le capital, les machines, le savoir-faire, les brevets, les ressources naturelles... tout ce qui permet de produire. L'appropriation sociale, c'est gérer en commun ces ressources, décider ensemble de leur usage et en conserver les fruits. C'est aux citoyens de décider des biens et services dont ils ont besoin, et à eux d'organiser "en commun" la façon dont ils doivent être produits.

Quelle est l’image de ce mot dans l’opinion ?

En partie mauvaise pour plusieurs raisons : d'abord parce que ça arrange bien les médias dominants à la solde du capitalisme, ensuite parce que seules les expériences historiques totalitaires des pays de l'est lui sont associées, enfin (et surtout) parce que personne ne se préoccupe de donner à ce mot le sens et l'image qu'il mérite (et notamment pas le Parti Communiste... un comble !). Mais il possède aussi un puissant capital de sympathie sur lequel il faut rebondir et à partir duquel il faut construire. Les gens sentent confusément que c'est du côté du communisme que l'espoir peut revenir. Ils savent également que les communistes sont sincères et que leur engagement peut être total, comme ils l'ont prouvé dans la Résistance.

Faut-il continuer à s’y référer ?

Le communisme, ce n'est pas un simple mot, c'est un projet politique, une façon de penser le monde. Si l'on change le mot sans changer le projet politique, les capitalistes se chargeront bien de rappeler qui nous sommes... alors à quoi bon changer de nom ? Sauf à vouloir changer de projet politique et abandonner l'idée d'abattre le capitalisme. Mais ceux que ça intéresse peuvent aller ailleurs, personne ne les oblige à rester au Parti Communiste !

Le PCF est-il encore marxiste ? Est-il seulement marxiste ?

Le communisme est toujours marxiste (!)... il vaudrait mieux que le PCF le soit aussi ! Etre marxiste, c'est d'abord être convaincu que les antagonismes de classe sont une réalité. Que le travail du salarié génère une plus-value qui vient enrichir le capitaliste, et que leurs intérêts sont fondamentalement divergents. Mais c'est aussi savoir analyser les expériences historiques pour actualiser cette pensée qui n'est pas gravée dans le marbre.

B. Quelle identité pour quel projet et quelle politique ?

Quelles sont les valeurs essentielles défendues par le PCF ?

Je n'aime pas les "valeurs"... Liberté ? Egalité ? Fraternité ?

Le projet communiste ne se définit-il pas principalement en « creux », n’est-il pas d’abord « anti » avant d’être « pour » ?

Effectivement, le Parti Communiste a aujourd'hui un discours surtout "anti" et pas assez "pour". Il n'est pas audible sur le communisme... qui lui se définit bien si l'on veut s'en donner la peine !

Quel projet politique pour une organisation comme le PCF ?

Ben... le communisme. L'appropriation sociale des moyens de production, etc... (voir réponses précédentes). Bon d'accord, il faudra expliciter un peu plus. On y travaille, c'est promis !

Comment mieux agir et intervenir à l’échelle de la France, de l’Europe et du monde ? Comment mieux démontrer que les moyens d’une autre politique existent et parvenir à rendre crédible un projet de transformation sociale ?

En ayant le courage de montrer qu'il ne s'agit justement pas de transformation sociale, mais bien de révolution : si l'on pense que le système capitaliste est améliorable, amendable ou transformable, on va au PS ou chez PRS. Si l'on est convaincu qu'une autre politique existe, qu'un autre monde est possible, alors on a envie de l'expliquer et en plus on est crédible. On est communiste.

Comment casser cette image d’un parti qui ne s’adresserait pas à l’ensemble des hommes et femmes, mais seulement aux hommes et femmes les plus en difficulté ?

En s'adressant à tous avec un projet global pour la société, et non pas en jouant les dames patronnesses en se contentant de quémander pour les plus défavorisés sans remettre fondamentalement en cause le capitalisme.

Quelles batailles d’idées faut-il mener et comment être mieux compris et entendu ?

Lancer la contre-offensive idéologique. Casser la logique de division entre travailleurs et assistés. Revendiquer notre projet politique. Démonter, démontrer et mettre en lumière les mécanismes du capitalisme et ceux qui le pilotent. Lancer une campagne d'explication du communisme. Faire de l'agit-prop, de la provoc et du décalé pour enfoncer le coin dans le mur des médias en les prenant à leur jeu de la course à l'audience et à l'exclu.

3. Sur notre organisation.

A. De quelle organisation politique avons-nous besoin ?

Quelles sont l’implantation et l’influence réelle du PCF, notamment dans les quartiers populaires, dans le monde du travail, dans la ruralité, auprès des intellectuels, etc.. ?

?

Peut-on concevoir, à partir du potentiel communiste, militant, historique et intellectuel, son propre dépassement pour poursuivre un projet politique d’émancipation humaine, de visée communiste ?

Revoilà le dépassement. Je comprends toujours pas. C'est grave ?

Comment concevoir son rôle d’organisation politique ? Doit-il changer de nom, de mode d’organisation ?

Il ne faut pas changer de nom mais lui donner une autre signification. S'inspirer du zapatisme pour le mode d'organisation : commander en obéissant.

La forme « parti » est-elle à revisiter ?

Nos pratiques, oui, probablement (voir les questions suivantes). Mais nous avons besoin de la forme parti, qui reste aujourd'hui la plus efficace.

Faut-il aller vers la création d’un nouveau parti ?

Encore ? Mais c'est une manie ! Mais allez-y, ouste ! Et laissez le Parti Communiste aux communistes !

B. Quel fonctionnement et quel militantisme ?

Que signifie être un-e élu-e, un-e dirigeant-e communiste ?

Dans la réalité ou dans nos rêves ? Disons que l'on aimerait qu'ils soient les témoins du communisme, qu'ils suscitent et appuient les luttes, qu'il attribuent les appels d'offres de leurs collectivités exclusivement à des structures publiques ou coopératives, qu'ils impliquent les citoyens dans la gestion de leurs collectivités.

Jouent-elles-ils leur rôle ?

Ben ce sont des humains... alors il y a autant de réponses que d'élus. Mais le parti joue-t-il son rôle auprès d'eux ? Comment sont-ils formés, appuyés, soutenus, encadrés ?

Que veut dire militer aujourd’hui ?

Mener une lutte idéologique en mettant en avant le communisme et en démontant le capitalisme. Mais c'est aussi soutenir et/ou susciter les luttes sur le terrain. Enfin, c'est contribuer à faire vivre le communisme dès maintenant dans la sphère économique (comme le préconisait Marx), sans attendre l'anéantissement du capitalisme, par exemple en s'investissant dans le développement du secteur coopératif pour commencer à vider le capitalisme de sa substance.

Comment faire vivre la diversité des idées au sein d’une organisation politique tout en assurant le respect des choix majoritaires ?

Justement en assurant le respect des choix majoritaires... Car si les minoritaires participent au débat mais après font ce qu'ils veulent, ça ne sert à rien de voter pour formuler un choix majoritaire. Donc ça ne sert à rien de débattre pour préparer ce vote et essayer de convaincre les autres. Donc ça ne sert à rien d'exprimer des idées différentes pour les confronter. Et chacun s'enferme dans sa petite chapelle et ourdit ses petits complots pour prendre le pouvoir par des luttes d'influence et de couloir, ce pouvoir se réduisant à l'accès aux moyens d'un appareil. Et on fait semblant d'avoir un débat autour d'un seul texte le plus consensuel et informe possible afin que chaque chapelle y retrouve un petit quelque chose.

Comment être plus attractifs auprès des jeunes ?

Avant tout en portant un projet politique fort pour leur redonner espoir. En ne les prenant pas pour des neuneus mais pour des citoyens dotés d'un cerveau et capables de comprendre le monde qui les entoure. Mais aussi en leur proposant des méthodes d'action et de militantisme originales. Pourquoi ne pas leur proposer de taguer en rouge "attention danger – ne pas monter – matériel non maintenu par le capitalisme dans l'attente d'une privatisation" sur tous les wagons obsolètes et mal entretenus des trains de banlieue ?

Comment mieux s’épanouir dans son engagement et rendre plus efficace le militantisme ?

A partir du moment où engagement et militantisme s'inscrivent dans la perspective d'un projet clair et affirmé, cette question se pose déjà beaucoup moins... Mais il faut aussi dans chaque domaine réfléchir aux possibilités qui existent de commencer à bâtir tout de suite du communisme, concrètement, dans les quartiers et les entreprises. Car nous ne croyons pas au grand soir et sommes au contraire convaincus, comme Marx, que la révolution est un processus qui commence demain matin.

4. Sur le rassemblement et les alliances.

A quoi correspond aujourd’hui la gauche ? Quelle devrait-être la place du PCF au sein de la gauche ?

La gauche, c'est avec la droite l'une des deux façons de gérer le capitalisme. Le PCF n'est pas soluble dans la gauche, car il n'est pas capitaliste, il est communiste (lire cette note). Pour certaines échéances électorales, il peut parfois passer une alliance tactique et momentanée avec la gauche, mais en conservant toujours son indépendance et sa liberté de parole.

Qu’est-ce qui explique l’échec de la stratégie de rassemblement et celui de la candidature commune aux élections présidentielles ?

Parce que les règles n'étaient pas claires au début, et surtout totalement anti-démocratiques (avec le "double consensus", les "personnalités" du collectif national avaient autant de pouvoir que tous les collectifs locaux réunis). Parce que chacune des organisations avait son propre agenda secret, qui primait sur la réussite de la candidature commune, qui fut enterrée en beauté par les fossoyeurs de l'unité.

Que faire face aux logiques institutionnelles favorisant le bipartisme et comment rendre possible un rassemblement majoritaire sur une politique de gauche et de transformation sociale ?

Le problème du PCF n'est pas de rendre possible un rassemblement majoritaire sur une politique "de gauche" et "de transformation sociale" (c'est quoi ça ?). Ca c'est l'agenda de PRS, qui l'a très bien expliqué dans sa dernière convention. Si le congrès du PCF a effectivement commencé chez PRS, il doit maintenant se poursuivre... Notre objectif c'est le communisme. Un tel rassemblement peut être une étape, mais nous devons travailler notre stratégie pour montrer comment nous saurons ne pas nous arrêter à cette étape, qui est une impasse (ce dont tout communiste est convaincu, ou alors il est devenu un "transformiste social" qui va faire un nouveau parti avec Mélenchon).

Quels rassemblements et alliances pour demain ? Le PCF doit-il passer de nouvelles alliances pour retrouver une crédibilité politique ?

Depuis quand la crédibilité politique s'obtient par des alliances ? Ne serait-ce pas plutôt exactement le contraire ? A partir du moment où l'on a une crédibilité politique (et donc un projet politique clairement et fièrement revendiqué), n'est-on pas mieux en mesure de passer des alliances, en sachant avec qui et pourquoi on les conclut ?

Peut-on être à la fois un parti «révolutionnaire» et «de gouvernement» ? Comment ?

De gouvernement certainement pas, c'est justement la limite à ne pas franchir. Des élus locaux ou régionaux, des parlementaires, oui. Mais au gouvernement non. Sauf si l'on est majoritaire, mais là on a déjà gagné ! Mais bon, cette question est à "revisiter" elle aussi !

5. A propos du questionnaire lui-même

Verriez-vous d’autres sujets que nous devrions impérativement traiter ? D’autres problèmes à aborder ?

Ben il manque quand même une "petite" question... Pourquoi nous sommes-nous plantés ? Pourquoi 1,93% ? Proposition de réponse en quelques mots : depuis l'après-guerre, le PCF est devenu un parti électoraliste, dont l'appareil est d'abord (mais certes pas exclusivement) préoccupé par sa propre conservation, qui passe par des succès électoraux, donc (pensent-ils) par des alliances électorales, donc par des compromissions et des reniements qui ont progressivement tué toute notre identité et notre spécificité aux yeux des électeurs. Et sans différence, nous sommes devenus inutiles. Donc condamnés à mourir. La seule solution que nous avons est de sortir d'urgence de cette stratégie électoraliste à court terme.

Quelles questions vous paraissent les plus importantes, prioritaires ?

La définition du projet communiste pour la France, l'Europe et le monde au 21ème siècle. Promis, les moutons noirs y apporteront leur modeste contribution !

Avez-vous des remarques particulières à formuler (sur la dernière période, sur ce que nous devrions faire, sur l’organisation du congrès...) ?

Si notre congrès extraordinaire aboutit à la définition d'un projet politique fort, communiste (ce que j'espère), et soutenu par la majorité des adhérents, pourquoi attendre un an pour se doter des instances dirigeantes qui devront le porter et lui donner vie ?

Vous pouvez télécharger le questionnaire original du PCF.

26 juillet 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (3)

Contre-offensive idéologique : cette femme est une fainéante !

L'un des ressorts les plus puissants de la victoire idéologique de Sarkozy est maintenant bien connu. Cette analyse se retrouve chez PRS (on en a parlé), chez Lipietz (on n'en a pas parlé mais on l'a lu - bof) et même au PCF (si, si, il y en a qui pensent à autre chose qu'à la "recomposition") : Sarkozy a réussi à opposer les salariés (qui se lèvent tôt) aux "exclus" ou aux "assistés" (qui se couchent tard). En convaincant les premiers qu'il ne tenait qu'à eux de devenir riche, et que pour ça il fallait notamment arrêter de distribuer de l'argent aux seconds, les fainéants.

En plus de noircir des pages entières dans l'Huma sur la recomposition à gauche et la "transformation sociale", on pourrait aussi passer à la contre-offensive idéologique ?!

S'il est utile de se mobiliser "en aval" pour lutter contre les projets de la droite et leurs conséquences, il faut aussi agir "en amont" sur deux fronts : -1- casser la logique de division entre "travailleurs" et "assistés" et -2- montrer qu'une alternative existe : le projet communiste pour le 21ème siècle.

Pour le -1- ça pourrait donner un tract national dans ce genre là, à diffuser à la sortie des entreprises. Qu'en pensez-vous ? (cliquez sur l'image pour voir le PDF au format A4)

Pour le -2- les cocos y travaillent, c'est promis... et espérons que ce sera l'un des thèmes centraux du congrès !

Faineante

12 juillet 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (0)

Le congrès du PCF a déjà commencé... chez PRS !

"Pour la République Sociale" (PRS, aile gauche interne au PS) a tenu sa convention nationale il y a quelques jours, et produit un document très intéressant : La gauche d'après. En préparation de notre congrès extraordinaire, les adhérents du PCF devraient tous le lire : on gagnerait beaucoup de temps pour aller plus vite à l'essentiel et à l'urgence.

1. Une analyse brillante

Ce n'est pas la première fois que je constate ça, mais PRS dispose apparemment de ressources analytiques particulièrement affutées. Qu'il s'agisse de l'analyse historique de la séquence politique que constituent les 20 dernières années, de l'analyse de ce qu'est le sarkozisme, ou encore de l'analyse du double échec du "communisme d'Etat" et de la social-démocratie, il n'y a pas grand-chose à ajouter...

Petit extrait sur l'échec du "communisme d'Etat" : "La cause fondamentale de l'effondrement du bloc de l'Est doit donc être cherchée ailleurs. Elle est politique. Elle consiste en l'incapacité à apparaître comme un système compatible avec l'émancipation de la personne et dès lors à obtenir le consentement de la population." C'est précédé de tout ce qui va bien pour en arriver là, et suivi de tout ce qu'il faut pour expliciter. Comme d'habitude avec PRS c'est un peu long (pas loin de 50 pages en tout, mais des petites au format poche), mais si on le lit tous on va pouvoir économiser un congrès sur les deux qui nous attendent... ça vaut peut-être le coup ?

2. Des premières réponses qui nous conviennent

Face à cette situation, PRS identifie quatre enjeux majeurs pour rompre avec le libéralisme, illustrés à chaque fois par leur concrétisation en Amérique du Sud, les projets du Linke allemand et les questions posées en France :

"1°) La refondation civique des nations grâce à des processus constituants"

Pour changer vraiment les règles du jeu, refonder le contrat social, garantir l'implication de tous et préserver l'Etat de droit tout au long des transformations nécessaires, il faut faire évoluer le cadre constitutionnel.

"2°) La récupération de la souveraineté sur les grands outils de développement et l'appropriation sociale des ressources naturelles."

Renationalisation de l'énergie et de toutes les grandes infrastructures du pays. Ce n'est pas nous qui dirons le contraire... Ne pas oublier néanmoins le contrôle citoyen.

"3°) La priorité aux plus pauvres pour abolir l'apartheid social."

Incroyable : si on fait le contraire de ce que veut le FMI (politique sociale ambitieuse, services publics renforcés, etc.), la pauvreté recule et la croissance est au rendez-vous ! Etonnant non ? Merci les sud-américains.

"4°) L'affirmation du droit à décider d'après ses propres besoins de développement face à la superpuissance états-unienne et aux institutions financières internationales."

Rétablir la souveraineté nationale et faire reculer le capitalisme mondialisé et financiarisé, pour retrouver les marges de manoeuvre indispensables pour conduire une politique internationale tournée vers la coopération et le développement.

Ces quatre axes fondent la République Sociale telle que la conçoit PRS. Pour ce que je connais de mes petits camarades, les communistes n'auraient pas grand-chose à enlever à ce projet... et à ajouter ? Vous ne trouvez pas qu'il manque quelque chose ?

3. "Un monde sans bords"... ?

Je cite PRS (si, si !) : "Beaucoup des avancées sociales arrachées par la social-démocratie européenne au cours du XXe siècle ne l'auraient pas été si le spectre de la « contagion communiste » n'avait limité la gourmandise des possédants. Aujourd'hui le nouvel ordre mondial est « globalitaire ». C'est un monde sans bords où nulle part ne se donne à voir la possibilité d'une alternative au système. L'arrogance des dominants, au premier rang desquels l'hyperpuissance américaine, ne connaît plus de limites."

Je vous le disais qu'on va gagner du temps... mais revenons à nos moutons.

Alors le nouveau rempart contre l'hégémonie du capitalisme mondialisé, c'est la République Sociale ? Bien maigre barrière... regardez comment Chavez perd complètement les pédales sur le problème des biocarburants.

Oui, la République Sociale va clairement dans le bon sens, mais sans boussole ni visée résolument alternative au capitalisme, ne contient-elle pas en germe tous les renoncements et petits arrangements qui permettront au capitalisme de la digérer, comme Sarkozy digère aujourd'hui la gauche socialiste en France ?

A tous ceux dont les tripes hurlent OUI à cette question, le PCF doit ouvrir grand ses portes !

Aux autres qui pensent que cette plate-forme politique peut suffire et devenir majoritaire, qu'ils s'appellent PRS ou refondateurs, nous disons "nous sommes vos frères, travaillons ensemble à bâtir la citadelle qui fera reculer le capitalisme destructeur, et comptez sur nous pour que s'y dresse un solide donjon !"

4. Qu'un nouveau spectre se dresse pour faire reculer le nouvel ordre mondial !

C'est là où s'arrête le document de PRS que notre prochain congrès doit débuter. Avec une feuille de route en deux temps :

  • Définir le communisme du 21ème siècle, ses valeurs fondatrices et ses propositions concrètes.
  • Proposer les modalités de notre contribution à cette reconquête commune du territoire idéologique et politique, ou comment faire fonctionner le rassemblement de toutes les forces qui aspirent à se mettre en mouvement dans la même direction.

Bon ben au boulot maintenant...

07 juillet 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (0)

André Gerin : l'arme de destruction massive du nouveau communisme ?

Trublion orthodoxe du PCF, André Gerin a donc lui aussi rédigé sa contribution aux débats qui nous agitent. Essayons d'oublier le côté sulfureux du personnage pour nous concentrer sur ce texte...

1. Le communisme a de l'avenir !

Ah ben ça fait quand même du bien de lire ça... plusieurs paragraphes seraient à encadrer ! Enfin quelqu'un au PCF qui est convaincu que le communisme a de l'avenir, ou plutôt peut en avoir un si le sens de ce projet et son contenu sont redéfinis au regard des défis du 21ème siècle. Il reste donc des gens convaincus qu'une véritable alternative au capitalisme peut être pensée, et qu'en changeant profondément les règles du jeu cette alternative ne peut avoir qu'une portée... révolutionnaire. Un mot que l'on ne trouve plus que trop rarement dans les textes publiés par les instances nationales du PCF... (mais qui vient de resurgir dans les quelques pages du compte-rendu de la première réunion du collectif d'animation du congrès extraordinaire : l'espoir renaît ?!)

2. Mais pas seul...

André Gerin évoque le rassemblement, en précisant qu'un rassemblement ne peut se faire qu'autour de quelque chose. On ne peut qu'abonder dans ce sens : avant de se rassembler, il faut d'abord se connaître et savoir ce que l'on propose à ses partenaires, et sur quelles bases. Sa conception du rassemblement est finalement... de ne pas trop s'en préoccuper pour l'instant, mais de se concentrer avant tout sur la redéfinition et l'actualisation de notre projet politique. C'est en effet l'urgence et la première priorité pour notre congrès extraordinaire.

Mais il écrit aussi : "Toute tentative de recomposition politique, quelle qu’en soit l’éventuelle générosité, ne peut qu’aboutir à une impasse et à l’abandon du combat révolutionnaire." Et là il va peut-être un peu vite, car cette recomposition va se faire. Elle est devenue inéluctable avec le glissement à droite du PS : trop de forces sont aujourd'hui "en errance", de la gauche du PS à l'extrême gauche en passant par tous les alters, et veulent cette recomposition pour se retrouver "quelque part". L'ignorer et ne pas se poser tout de suite la question de notre place dans cette recomposition, y compris de la place d'un parti franchement communiste, c'est prendre le risque de nous marginaliser ou d'être incompris d'une grande partie de notre électorat potentiel.

3. Chassez le naturel...

Mais André Gerin ne peut s'empêcher de faire du Gerin. Et d'attaquer frontalement la direction en place en dénonçant la "béance" supposée entre la direction et les militants, et carrément le "mépris" de cette direction pour les militants... Mais ne peut-on déplorer l'oubli des références communistes par (une partie de) la direction, et proposer d'en changer, sans pour autant lui faire un mauvais procès... stalinien ?

Cette direction a été élue, et considérer qu'elle est illégitime si elle ne nous plaît pas serait justement mépriser les militants... Nous allons avoir un (ou deux) congrès, c'est l'occasion de redéfinir une ligne politique et d'élire une direction en phase avec cette ligne pour l'appliquer. On peut s'abstenir de vomir sur la direction actuelle avant d'en changer. Mais le personnage n'en est pas à ses premiers dérapages. Si ses contributions peuvent être enrichissantes (ou rafraîchissantes) sur le plan politique, les dérapages réguliers d'André Gerin le disqualifient d'emblée pour incarner l'avenir du PCF au niveau national.

06 juillet 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (3)

Pourquoi signer le texte "nous sommes inquiets" ?

L'épisode douloureux des collectifs nous a montré où cela menait quand on ne se dote pas d'un minimum de règles de fonctionnement et/ou que l'on ne les respecte pas : dans le mur. L'URSS nous a également montré où cela menait de ne pas avoir des règles démocratiques d'exercice du pouvoir, ou de ne pas les respecter : dans le mur (qui est tombé depuis).

Dans une note de novembre 2005, je faisais référence à un document essentiel rédigé par un certain Patrice Cohen-Seat du PCF, concernant les propositions pour une VIème république. Ce document est l'un de ceux qui m'ont convaincu que le PCF avait su analyser l'échec de l'URSS et en tirer plusieurs enseignements, en particulier en matière de démocratie, d'accession et d'exercice du pouvoir (lire aussi cette note d'octobre 2005).

Je serai de ceux qui seront de la plus grande vigilance en ce domaine, il en va de notre avenir et de notre crédibilité politique : pour ce qui est de la démocratie et du respect des règles de fonctionnement dont nous nous dotons, nous devons être exemplaires.

C'est pour ces raisons que je suis signataire du texte "Nous sommes inquiets" (également sur Bellaciao), bien que je ne souscrive pas forcément à 100% à tout ce qu'il contient (ou que je ne l'aurais pas dit comme ça).

Alors que pouvons-nous faire ?

Mais c'est très simple. Revenons-en aux textes. Le Conseil National du PCF a valablement convoqué un "congrès extraordinaire". Quel que soit le contenu des débats préalables (où tout et son contraire peut être dit, même n'importe quoi, la parole est libre), le relevé de décision précise uniquement qu'un congrès extraordinaire est convoqué. Même si des indications sont données quant aux pistes de réflexion pour le débat d'orientation, il n'est fait dans ce relevé de décision aucune restriction quant à l'application des statuts. Et c'est heureux. Ces statuts définissent clairement l'ordre du jour d'un congrès : "Les communistes procèdent en congrès aux choix d’orientation et à l’élection des comités exécutifs locaux, des instances départementales et nationales du Parti."

A chaque niveau, en commençant par la section, nous devons donc mener maintenant un profond débat d'orientation et élire notre exécutif. Point barre.

Nous sommes à un tournant de notre histoire, nous n'avons plus le temps de composer ou de tergiverser. Le PCF peut et doit mobiliser les ressources et contributions théoriques nécessaires pour définir le projet politique du communisme au 21ème siècle, véritable alternative au capitalisme mondialisé et financiarisé, et boussole indispensable pour une gauche qui ne sait plus où elle est et s'enlise dans les marécages de la "transformation sociale"...

03 juillet 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (0)

Dialogue avec Pierre Zarka : de la nécessité de faire clair et du zapatisme

A son tour, Pierre Zarka a publié un court texte dans l'Humanité pour livrer sa vision de l'avenir du PC (qu'on imagine donc assez proche de celle des "Communistes Unitaires").

Point positif, il souligne l'importance de nos relations avec les autres forces et mouvements anticapitalistes, et insiste sur la nécessité impérative d'une structure ad-hoc pour organiser ces relations.

Avant de revenir sur ce point essentiel, nous avons néanmoins relevé plusieurs ambiguïtés, ce qui est dommage pour un texte qui veut "faire clair" (au moins le texte des Huistes avait le mérite de ne pas tourner autour du pot). Disons que je n'arrive pas à comprendre certains points, mais on va certainement m'expliquer :

1. Sur la responsabilités des "forces politiques" dans l'échec des collectifs

Les forces politiques n'auraient "pas rendu possible le passage de tout cela à l'expression politique"... c'est aller un peu vite et réécrire en partie l'histoire ! Cet échec doit autant être imputé aux manoeuvres de certaines personnalités qu'aux forces politiques constituées (mais nous avions déjà écrit à l'époque sur ce sujet). Surtout, il illustre parfaitement les dérives que ne manquent jamais d'entraîner des structures de décision et de pouvoir aussi floues qu'anti-démocratiques. Pour mettre les points sur les "i", le pouvoir que se sont arrogé les quelques personnalités du Collectif National à travers cette absurdité du "double consensus" était totalement exorbitant, et constituait un droit de veto leur donnant de facto la possibilité d'ignorer purement et simplement le vote souverain des milliers de militants qui ont fait vivre les collectifs locaux (que ce soit par calcul délibéré ou par impossibilité réelle de parvenir à un "consensus" entre ces personnalités).

Non, les forces politiques ne se sont pas disqualifiées, et encore moins le PCF dont chaque décision majeure dans cette période douloureuse a fait l'objet d'un vote démocratique auquel ont massivement participé ses adhérents.

Si un enseignement doit être tiré de cet épisode pour l'avenir du mouvement unitaire, c'est que les structures nationales doivent être "au service" des structures locales, et devraient s'inspirer du zapatisme : "commander en obéissant" et rotation régulière de leurs membres désignés par les structures locales... Que pensent les "unitaires" de cette piste ?

2. Sur le contenu du projet politique

Pierre Zarka affirme qu'il est impossible d'avancer sans "penser de manière cohérente un autre type de société". D'accord, mais quand il détaille ce que serait cette nouvelle "cohérence communiste", cela donne "émancipation individuelle, appropriation progressive des pouvoirs et nouveau type de développement". Ce n'est pas vraiment clair, ou plutôt cela fait surtout référence à l'aspect formel ou institutionnel de la politique et de la citoyenneté, sans aborder directement l'économie. Or le citoyen est aussi un producteur et un consommateur. Que pensent les "communistes unitaires" de l'appropriation sociale des moyens de production ? (promis, je vais aller voir sur leur site...)

A cette réserve près, je rejoins totalement cette nécessité de penser un "autre type de société". C'est bien un autre système de valeurs qu'il faut opposer au capitalisme et au consumérisme (comme le souligne La Louve dans ce texte que je vous recommande). C'est pourquoi l'enseignement et l'éducation constituent un axe essentiel de ce projet politique.

3. Sur l'impossibilité pour le PCF d'exister sans une structure unitaire formelle

"Que l’un des deux espaces fasse défaut et l’autre ne peut exister. N’est-ce pas la douloureuse expérience que nous sommes en train de faire ?" NON ! Ce dont nous faisons la douloureuse expérience, c'est l'absence de règles claires et démocratiques pour faire vivre cet espace unitaire. Mais cette absence n'est pas un hasard, elle découle directement de l'absence de formulation explicite des objectifs d'une telle structure. Chacun peut ainsi poursuivre son "agenda secret" en tentant d'instrumenter à son avantage un "machin" dont la nébulosité démontrerait l'alter-modernité...

Mais nous reviendrons sur ce point, car il va bien falloir avancer des propositions.

4. Sur le dépérissement de l'Etat au profit d'une nouvelle citoyenneté (qui aurait manqué à l'expérience soviétique)

Là ce n'est plus la boîte de Pandore, c'est carrément le gouffre... Alors allons-y, pourquoi pas ! J'ai récemment découvert qu'un philosophe Italien (proche des refondateurs) avait avancé l'hypothèse que l'échec soviétique pouvait justement s'expliquer par l'intériorisation de cette perspective du dépérissement de l'Etat : celui-ci étant voué à disparaître, il était vain de vouloir le développer, notamment pour en faire un Etat de droit dans lequel l'Etat serait justement garant du respect des droits de chaque individu.

Cette analyse est séduisante. Si l'on veut en tirer tous les enseignements pour définir ce que pourrait être le communisme du 21ème siècle, la première conséquence serait justement qu'il faudrait bannir de notre corpus théorique cette perspective du dépérissement de l'Etat, et la remplacer par la volonté affirmée de développer un Etat de droit profondément démocratique. Ce qui ne signifie pas dépérissement de l'Etat, bien au contraire.

Reste à trouver des sources d'inspiration pour définir cette nouvelle citoyenneté. Si pour les "Communistes Unitaires" les collectifs représentent un modèle de citoyenneté et de démocratie, alors là on est mal partis... Après la dictature du prolétariat, on va avoir droit à la dictature des alter-aristocrates !

Les travaux du PCF sur la 6ème République me semblent une piste plus intéressante. Et si l'on veut vraiment chercher du neuf dans ce domaine, là encore l'expérience zapatiste peut être une source d'inspiration.

Mais revenons aux formes du rassemblement.

Dans ce domaine plus que dans tout autre, il va vraiment falloir "faire clair". Et ne laisser aucune zone d'ombre. Au-delà du problème déjà évoqué des règles de fonctionnement, deux questions majeures devront être abordées :

1. Quel objectif pour les élections ?

Pierre Zarka fait référence à la Première et à la Seconde Internationale. Quelqu'un peut-il éclairer ma lanterne et m'expliquer si l'une ou l'autre a présenté en son nom des candidats ? Si oui à quelle élection ? (je n'en sais vraiment rien...)

Cette question est fondamentale. De sa réponse découleront une partie des règles de fonctionnement que nous devrons établir. La réponse peut d'ailleurs différer selon le scrutin envisagé.

Si c'est NON, alors une forme assez proche de celle des collectifs peut être envisagée. L'objectif est dans ce cas de constituer un espace de dialogue et d'élaboration commune de contenus, une sorte de forum permanent pouvant également permettre des mobilisations communes autour des luttes.

Si c'est OUI, alors il va falloir définir très clairement la plate-forme politique et les règles de désignation, donc d'organisation des primaires pour les scrutins uninominaux, ou de constitution des listes pour les scrutins de listes. Et à mon sens le PCF devra avoir pour ligne de ne jamais s'engager dans un tel processus sans que ces règles soient très clairement, démocratiquement et totalement définies au préalable. C'est pas gagné...

2. Quelles règles d'accès au financement de la vie politique ?

Disons le clairement : tous ces débats ont également en filigrane le problème de l'accès au financement public de la vie politique. Cette question est aussi une dimension essentielle de la question précédente, à savoir la façon dont on aborde "à plusieurs" une séquence électorale... Là aussi, il faudra que nous soyons bien clairs dès le départ, ce qui suppose d'abord une information transparente sur les modalités de ce financement public (qui est volontaire pour une petite note de synthèse ?), afin que nous disposions de tous les éléments du débat.

La formalisation nécessaire du rassemblement pose donc des questions de fond qui ne pourront être résolues dans l'urgence. Mais elles doivent être posées et avoir des réponses pour que le PCF puisse se positionner clairement.

En attendant, l'urgence pour notre congrès est surtout de redéfinir notre projet politique : la visée communiste au 21ème siècle. Car comment définir les modalités d'un rassemblement avec d'autres quand on ne se connaît pas soi-même ?

26 juin 2007 dans Un mouton noir chez les rouges | Lien permanent | Commentaires (2)

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